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Antonio Pappano triomphal au festival de Dresde

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Dresde. 30 et 31-V-2015. Sempereroper et Frauenkirche. Serge Rachmaninov (1873-1943) : L’Ile des morts, poème symphonique ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Variations sur un thème Rococo ; Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n°2, Op.43. Anton Bruckner (1824-1896) : symphonie n°8. Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, direction : Antonio Pappano

Academia Nazionale und Jan Vogler bei MusikfestspielenLe festival de Dresde 2015, dont le thème est « le feu et la glace », accueillait pour deux concerts l’Orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome sous la baguette d’Antonio Pappano.

Comme chaque printemps, le festival de Dresde anime la cité saxonne. Sous la direction du charismatique et médiatique violoncelliste , le festival propose trois plantureuses semaines de concerts, sous un  thème commun : le feu et la glace.  L’affiche fait la part belle aux compositeurs et interprètes nordiques, encore assez peu connus dans le monde germanique.

Dans le cadre d’une tournée de prestige qui les emmène également à Prague et Vienne, l’Orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome faisait escale à Dresde pour deux concerts  dans deux lieux  chargés d’Histoire : le Semperoper et la Frauenkirche.

Le premier concert proposait une affiche russo-finlandaise, s’ouvrant par le puissant poème symphonique l’Île des morts de . Au pupitre d’un orchestre en démonstration, Antonio Pappano livre une lecture puissante et tellurique de ce magma symphonique qui fait briller la précision et les timbres des pupitres. Directeur du festival et régional de l’étape, donnait les  courtes Variations Rococo de Tchaïkovski, qui ne s’avèrent pas si faciles derrière leur apparente simplicité. Célébré de par le monde à l’occasion des 150 ans de sa naissance, était honoré par une interprétation de sa Symphonie n°2. Bien charpentée et puissante, la lecture d’Antonio Pappano et de ses musiciens italiens, loin des visions parfois décantées des chefs scandinaves et nordiques, affirme une grande force des contrastes. On salue la cohésion de l’orchestre et la beauté plastique des cordes. En bis, Antonio Pappano propose l’inévitable Valse triste avant de déchaîner l’enthousiasme du public avec la coda de l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini.

Academia Nazionale und Jan Vogler bei MusikfestspielenChangement de registre le lendemain avec la monumentale Symphonie n°8  de Bruckner. Il faut du panache au chef pour programmer à Dresde, qui respire cette musique, cette partition inscrite dans la légende de la ville. Il suffit de penser à Eugen Jochum, Giuseppe Sinopoli, Bernard Haitink ou Christian Thielemann  qui ont enregistré des lectures essentielles de cette œuvre avec la Staatskapelle de Dresde. Quant au public, il a ses moindres nuances toujours à l’oreille.   Il n’empêche, ce concert restera longtemps gravé dans les mémoires par la beauté plastique de la lecture du chef et par la prestation, techniquement vertigineuse, de l’orchestre romain. Pappano réussit Bruckner là ou beaucoup de ses collègues échouent : la fluidité du discours et la souplesse des phrasés. Les tempi sont plutôt allants mais ils permettent au chef de construire son interprétation avec une logique interne idéale. Du côté de l’orchestre, la prestation instrumentale est exemplaire autant dans les individualités que dans les ensembles.  Le cadre imposant et majestueux de la Frauenkirche donne à ce concert une atmosphère particulière.

Au fil des concerts, le tandem Pappano-Santa Cecilia s’impose comme un binôme artistique majeur de notre époque.

Crédits photographiques : Dresden music Festival

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