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Contrastes de styles orchestraux au Verbier Festival

Festivals, La Scène, Musique symphonique

29 et 30 VII 2015. Verbier, salle des Combins, Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 « Résurrection ». Sunhae Im, soprano ; Okka Von Der Damerau, mezzo-soprano ; Chœur Suisse des Jeunes, Oberwalliser Vokalensemble, direction : Hansruedi Kämpfen ; Verbier Festival Orchestra, direction : Zubin Mehta. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Concerto grosso en Si bémol majeur, Op.3 n°2 ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violoncelle en la mineur Op.129 ; Johanne Brahms (1833-1897) : Sérénade n°1 en Ré majeur, OP.11. Truls Mørk, violoncelle ; Verbier Festival Chamber Orchestra, direction : Paul Mc Creesh.

verbier 2015 Mc Creesh MorkLes deux orchestres du Verbier Festival brillent avec des chefs très différents. 

Considéré comme l’une des dernières légendes vivantes de la direction d’orchestre, le chef indien faisait son grand retour à Verbier, 21 ans après avoir dirigé le premier concert de l’orchestre du Verbier Festival. Pour ce retour, il avait choisi l’un de ses chevaux de bataille : la Symphonie n° 2 de Mahler, qui l’accompagne depuis toujours.  Les discophiles chérissent son enregistrement avec la Philharmonie de Vienne (Decca), gravé alors qu’il était juste trentenaire.  Mais la vision du chef s’est émoussée avec le temps : les tempos sont larges et les contrastes se sont écrêtés au profit d’une lecture qui sonne très routinière et même parfois ennuyeuse dans sa volonté de tout contrôler. L’orchestre du Verbier Festival, en dépit de quelques accrocs aux cuivres,  est comme toujours excellent avec des pupitres de bois d’un très haut niveau. Les chœurs régionaux suisses, bien préparés par Hansruedi Kämpfen, font forte impression, tout comme les solistes vocaux.

verbier 2015 MehtaLe lendemain, le chef d’orchestre était au pupitre de l’orchestre de chambre du Verbier Festival, la formation d’élite, composée des anciens meilleurs de l’Orchestre, tous déjà en poste dans de grands orchestres internationaux. Le chef anglais est à son affaire dans ces partitions, dont il retient la veine chambriste : le Concerto pour violoncelle dialogue entre le soliste et les musiciens alors que la Sérénade est l’occasion de superbes échanges entre les musiciens, dont on notera, encore et toujours, l’excellence. L’orchestre s’adapte parfaitement aux différents styles, tout en évacuant le pesant et le routinier : la Sérénade de Brahms est l’un des plus belles interprétations entendues, par son caractère pastoral et primesautier. Quant à , il est tout simplement l’un des plus grands musiciens de notre époque et il habite le Concerto de Schumann comme peu de musiciens.

Crédits photographique : Aline Paley et Nicolas Brodard

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