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Verbier Festival : solistes multifonctionnels

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Verbier. Eglise. 31-VII-2015. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio pour piano et cordes n°5 en Ré majeur, Op.70 « Geister » ; Franz Schubert (1797-1828) : Notturno en Mi bémol D.897 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour piano et cordes n°1 en si majeur Op.8. Ilya Gringolts, violon ; Truls Mork, violoncelle et Daniil Trifonov, piao. Salle des Combins. 1-VIII-2015 : Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Exsultate jubilate en Fa majeur K.165 ; Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violoncelle n°1 en sol mineur, OP.26 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°7 en la majeur, OP.92. Pretty Yende, soprano ; Verbier festival Orchestra, direction et violon : Joshua Bell.

verbier 15 concert Mork Trifonov GringolsLe aime proposer aux musiciens des défis inédits : réunir des solistes de haut vol en musique de chambre ou proposer à une star du violon de diriger un programme orchestral après avoir joué un concerto.  

Les rencontres inédites sont la marque de fabrique du . Les solistes, et non des moindres, se produisent en musique de chambre, mais, en dépit des plus hautes qualités individuelles, un ensemble de stars ne fait pas forcément une formation de musique de chambre. Ce fut le cas lors de ce concert qui réunissait  le violoniste , le violoncelliste et au piano. C’est sans doute pour ce dernier, que le public,  s’était déplacé en masse pour remplir la petite église de Verbier, surchauffée par un enthousiasme débridé. Pourtant le prodige russe apparaît rapidement comme le maillon faible de ce trio, obnubilé par sa partition alors que ses confrères dialoguent et ne cessent de se regarder pour partager une osmose des notes. Stylistiquement, Trifonov, est peu à son aise dans Beethoven, Schubert et Brahms, loin du répertoire russe brillant qu’il affectionne tant. En dépit des immenses qualités musicales d’Illya Gringolts et , on ressort sur sa faim.

A l’image de beaucoup de violonistes, est atteint du virus de la direction. Désormais chef principal de l’Academy of Saint Martin in the Fields de Londres, il se plait à oser les défis, dirigeant soit du pupitre de premier violon, soit devant l’orchestre et même mêlant partie concertante et direction. On le retrouvait au violon pour un Concerto n°1 de emporté au panache et à l’énergie, mais ménageant des beaux moments de dialogues avec les pupitres de bois. Assis sur la chaise du premier violon, il avait débuté ce concert en accompagnant la jeune soprano dans l’Exsultate Jubilate de , cet air permettait d’apprécier le timbre frais de la musicienne. aime se confronter à des œuvres ambitieuses : seul face au , il se lançait à l’assaut de la  Symphonie n°7 de Beethoven, « apothéose de la danse ». Le violoniste-chef, tel un judoka énergique, dirige au tonus un excellent porté par des pupitres fabuleux. Encore une fois à Verbier, l’orchestre vole la vedette au chef, faisant bloc dans les tutti et mettant en valeurs ses solistes lors des différentes interventions.  Du grand art orchestral !

Crédits photographiques : Nicolas Brodard

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