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Ole Schmidt, pionnier des symphonies de Nielsen

À emporter, CD, Musique symphonique

Carl Nielsen (1865-1931) : Symphonies n° 1 à 6. Jill Gomez, soprano ; Brian Rayner Cook, baryton. London Symphony Orchestra, direction : Ole Schmidt. 1 coffret 3 CD Alto ALC2505. Code barre : 5055354425059. Enregistré entre le 17 décembre 1973 et le 15 janvier 1974 en l’Église St. Giles Cripplegate, Barbican, à Londres. ADD. Notices en anglais, bonnes. Durée : 3 h 31’15.

 

alto_nielsen_symphonies_ole_schmidtLe label « super-budget » Alto réédite opportunément la belle intégrale historique des Symphonies de par à la tête de l’Orchestre Symphonique de Londres, d’abord publiée sous l’étiquette défunte Unicorn-Kanchana, puis reprise par Regis.

L’évolution symphonique de est fascinante : bien qu’elle soit d’expression néoromantique et de facture classique (avec reprises traditionnelles de forme-sonate), la Symphonie n° 1 en sol mineur op. 7 (1894) est la toute première du genre à présenter une tonalité de fin différente de celle du début ; le langage du compositeur s’affirme et se teint de polytonalité dans la vivante et colorée Symphonie n° 2 op. 16 « les Quatre Tempéraments » (1902) inspirée de gravures observées dans une vieille auberge de Sjælland au Danemark ; la Symphonie n° 3 op. 27 « Espansiva » (1911), la seule à comporter une partie vocale (pour soprano et ténor dans le deuxième mouvement), est influencée par le renouveau national prôné par et libère la mélodie du chromatisme typique de l’époque ; les Symphonies n° 4 op. 29 « Inextinguible » (1916) et n° 5 op. 50 (1922) peuvent être considérées comme les sommets de la série, chefs-d’œuvre constamment captivants dans lesquels s’épanouit le souffle du musicien, tout de vigueur et de générosité, mais où l’angoisse est loin d’être absente et annonce Chostakovitch ; quant à la Symphonie n° 6 « Sinfonia Semplice » (1925), contrairement à ce que laisse supposer son titre, elle est loin d’être simple et se révèle plutôt énigmatique, reflétant le désarroi et même une certaine amertume sarcastique d’un compositeur de soixante ans face aux problèmes complexes issus des bouleversements musicaux dont il était contemporain.

Ce n’est qu’avec l’apparition du microsillon, à la fin des années 40, que le nom de Carl Nielsen s’est progressivement fait connaître internationalement, surtout grâce aux accords de Decca avec le Danemark et ses artistes : l’Orchestre Symphonique de la Radio Danoise, dirigé par de remarquables musiciens tels que , Emil Reesen, John H. Frandsen, Erik Tuxen et – dont beaucoup ont connu Nielsen et travaillé avec lui – nous a laissé des versions des symphonies dont certaines restent de superbes références. L’apparition de la stéréophonie vit ensuite le label américain Turnabout-Vox prendre le relais dans les années 60, en publiant internationalement les gravures Fona avec diverses phalanges danoises dirigées par , Carl von Garaguly, , ce dernier nous léguant une admirable Symphonie n° 4 op. 29 « Inextinguible ». Et la Columbia américaine ne fut pas en reste en publiant une gravure intégrale des symphonies partagée entre et .

Mais celui qui eut l’honneur et le privilège de graver à lui seul la toute première intégrale cohérente des symphonies fut le compositeur et chef d’orchestre danois (1928-2010), entre décembre 1973 et janvier 1974, sous l’impulsion et la supervision artistique du compositeur et musicologue anglais Robert Simpson (1921-1997), sommité incontestable s’agissant de l’œuvre de Carl Nielsen. Bien sûr, depuis, nous avons bénéficié d’autres intégrales aux divers mérites (, Colin Davis, , Adrian Leaper, Guennadi Rojdestvenski, , , Bryden Thomson, …), et l’on peut licitement préférer certaines versions isolées, mais l’intégrale pionnière , outre son prix actuel défiant toute concurrence, a l’avantage d’une conception et d’une réalisation homogènes du plus haut niveau, en cela aidées par un London Symphony en toute grande forme, et la prise de son naturelle et superlative, quoiqu’assez réverbérée, du réputé ingénieur du son britannique Bob Auger.

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