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A Gstaad, Zubin Mehta et sa machine orchestrale

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Gstaad. Grande Tente. 30-VIII-2015. Richard Strauss (1864-1945) : Till Eulenspiegels lustige Streiche op.28. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Die Verklärte Nacht (version pour orchestre). Piotr Ilitch Tchaïkovski (1849-1893) : Symphonie n° 6 en si bémol op. 74 « Pathétique ». Orchestre Philharmonique d’Israël. Direction musicale : Zubin Mehta.

Festivalzelt_30.8.15-3Dans le cadre du Festival Menuhin, le concurrent suisse-allemand du Festival de Verbier, la Grande Tente reçoit l’Orchestre Philhamonique d’Israël à la tête duquel son chef mythique,  tente d’insufler une énergie qu’il n’a plus.

Un sage indien comme on les imagine. Quand il se dirige vers l’estrade, sa démarche ralentie le montre comme un vieux monsieur ne se pressant pas. Gravissant avec prudence les deux petites marches qui le portent sur le podium, lentement il se tourne vers le public pour le saluer. C’est là qu’apparaît , icône de la musique. Une icône par sa personne d’abord avec un visage attirant la sympathie, un visage qui semble n’avoir jamais connu ni la colère, ni l’énervement. Le sourire affable, il salue puis se retourne pour bientôt lever la baguette et donner le départ de Till Eulenspiegels lustige Streiche de Strauss. Les premières mesures révèlent un orchestre de qualité, excellant dans les pianissimi. Toutefois, la direction de Zubin Mehta ne transcende pas la musique mais, c’est plaisant, agréable. Si les quelques interventions des solistes sont bien en place, dès qu’augmente le volume sonore, les couleurs de l’orchestre ont une fâcheuse tendance à la saturation.

Dans Die Verklärte Nacht de Schönberg, on retrouve cette tendance à la saturation même si cette pièce ne fait appel qu’aux pupitres des cordes. Peut-être est-ce un problème d’acoustique mal dominé par l’orchestre et son chef. Reste que la conception de Zubin Mehta est conventionnelle et manque de propos.

En seconde partie, on attendait avec impatience l’interprétation de Mehta de la Symphonie n° 6 de Tchaïkovski. Dès les premières mesures, on sent que le propos du chef indien fait défaut. Certes toutes les notes sont là mais, il ne se passe rien d’enthousiasmant au niveau musical. Une petite lueur d’intérêt se fait entendre à l’attaque du 2ème mouvement, une fugitive lumière qui a vite fait de s’estomper pour retomber dans la routine.

A noter que l’ apparaît comme une machine extrêmement bien huilée. Elle doit certainement être capable de se surpasser dès lors qu’un chef montre une volonté de bousculer les barrières de la musique. Avec Zubin Mehta, malheureusement, cet ensemble ne montre pas d’irrésistible envie et sa prestation en tous points honnête laisse cependant une sensation mitigée. A noter que la chaleur étouffante qui régnait dans cette tente en fin d’une après-midi de grand soleil n’est peut-être pas étrangère à cette prestation en demi-teinte. On restera cependant impressionné par la phénoménale mémoire du chef indien qui a dirigé tout ce concert sans partition aucune.

Crédit photographique : © Raphael Faux

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