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Nelson Goerner, Martha Argerich et Garrick Ohlson ouvrent le Concours Chopin

Concours, La Scène

Varsovie. Philharmonie. 1et 2-X-2015. Œuvres d’ Ignacy Jan Paderewski, Robert Schuman, Krysztof Penderecki, Ferrucio Busoni. Nelson Goerner, Martha Argerich, Garrick Ohlsson, piano. Orchestre Philharmonique de Varsovie, direction : Jacek Kaspszy. Wojciech Rajski. 1er et 2-X-2015

Martha Argerich 1er octobreDeux splendides concerts en ouverture du Concours Chopin, à Varsovie.

Deux concerts donnés par trois anciens lauréats, , et Garrick Ohlson, ont ouvert le Concours Chopin qui a lieu à Varsovie, tous les cinq ans.

Le 1er octobre, après l’hymne national, lancé d’une envolée de bâton par le chef Jacek Kaspszy avec la fougue du Palio de Sienne, la salle debout, est venu jouer, avec nuances et délicatesse, le Concerto en la mineur de Ignacy Jan Paderewski. Une œuvre encore romantique d’un compositeur polonais qui fut aussi pianiste virtuose, diplomate, homme politique et le troisième Premier ministre de la Pologne.

Ensuite, après une Polonaise brillante et martiale de Penderecki, commande du Concours au maestro polonais, en trou normand, bouquet de fleurs, ovation du public… et on réinstalle le piano pour qui lance un autre bouquet, celui des premiers accords de « son » concerto de Schumann. Tendre et prenant des libertés de rythmes en retombant toujours sur ses doigts, comme une chatte, elle a réussi à renouveler ce morceau qu’elle même a si souvent joué et que le public connaît presque par cœur. Jacek Kaspszy a donné à l’orchestre des couleurs qui semblaient neuves aussi, feulement, répondant du tac au tac aux roucoulades parfois presque agressives de la pianiste.

Le lendemain, a joué le concerto de Busoni, une œuvre casse-doigts et d’une durée de 70 minutes, qu’il a commencé à jouer avec son professeur Frida van Dieren, à l’âge de 12 ans. Dirigée par un chef onctueux, Wojciech Rajski qui dirige avec la solennité d’un vieux film muet, cette œuvre semble être un hymne à l’autisme ravageur de la modernité, antinomique de celui de Paderewski. Sonorités binaires de machines matraquées par le piano tour à tour marteau piqueur et machine à vapeur style Temps modernes. La Tarentelle italienne évoque la Belle époque, la vanité giratoire de l’ère industrielle, toute l’agilité et la virtuosité du pianiste déployée au service de rien, acrobatie pure, pour en dire la vacuité.

En bis Ohlsson a donné une Mazurka de Chopin, qui venait d’un autre monde, liquide et vertigineux, une noyade. Puis, une Valse aux sons étirés comme un sourire qui entrouvre les lèvres, dans un bonheur inquiétant. Deux merveilles qui donnent envie d’entendre tout ce que ce pianiste a enregistré de Chopin.

Crédits photographiques : Martha Argerich joue le concerto de Schuman avant le Concours Chopin (c) Wojciech Grzedzinski

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