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Première soirée des Accrochages de l’altiste Gérard Caussé

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Salle Gaveau, 28-IX-2015. Richard Dubugnon, Correspondances : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »
Robert Schumann (1809-1856), Märchenbilder, op. 113 pour alto et piano ; Alexandre Scriabine (1872-1915), Prélude op. 9 n° 1 pour violoncelle et piano (arrangement Richard Dubugnon) ; Richard Dubugnon (1968-), Hypnagogia, échange de courrier entre Richard Dubugnon et Oliver Sacks ; Carnets d’un synesthète, op.74, n° 1 à 3, création pour récitant, mezzo-soprano, alto et piano ; Ernest Chausson (1855-1899), La Chanson perpétuelle, op. 37 pour mezzo-soprano, quatuor à cordes et piano ; Gabriel Fauré (1845-1924), La Bonne chanson, op. 61 (extraits, n°5 « J’ai presque peur, en vérité », n°8 « N’est-ce pas ? », n° 9 « L’hiver a cessé ») pour mezzo-soprano, quatuor à cordes et piano ; Arnold Schoenberg (1974-1951), La Nuit transfigurée, op. 4
Avec : Gérard Caussé, alto ; Itamar Golan, piano ; Marie Kalinine, mezzo-soprano ; Edgar Moreau, violoncelle ; Quatuor Modigliani ; Richard Dubugnon, récitant.

L’altiste crée à la Salle Gaveau un cycle sur le thème de musique et littérature, « Accrochage », constitué de trois concerts. Chacun de ces concerts est dédié à des créations d’un compositeur : , Tomas Bordalejo et Philippe Hersant.

La première soirée du cycle se déroule fin septembre, autour de « correspondances » réinventées par . Dans la première partie du concert, quatre pièces qui composent ses Carnets d’un synesthète. Le compositeur, qui se met lui-même sur la scène, parle de ses expériences synesthésiques au travers d’une correspondance avec Oliver Sacks, le neurologue récemment décédé, de deux rêves étranges, et de deux poèmes qu’il considère comme ayant un caractère synesthésique (comme toutes les autres pièces du programme) : Correspondances de Charles Baudelaire et Voyelles d’Arthur Rimbaud. Les récits de Dubugnon, tous irrationnels et irréels, sont agrémentés de musique tout aussi irrationnelle, très fréquemment rompue ou interrompue. En fait, elle est là pour illustrer les propos parlés, même pour les deux poèmes de Baudelaire et de Rimbaud qui sont plutôt des mises en musique du texte et non des mélodies. Pour les échanges de courriers, il lit la partie de Sacks avec imitation de l’accent anglais et le tout sur une musique diffusée par un gramophone. Le son si particulier et nostalgique du phonographe étant fort attirant et ayant plus de caractère affirmé que le texte lu, notre attention se porte surtout sur la musique, plus que sur la lecture ; les deux rêves sont racontés de façon assez saugrenue, mais le ton ne nous permettait pas de savoir si c’était drôle ou ironique… Cependant, le concept du « parlé avec illustration musicale » est fort intéressant et il y a certainement là une matière à explorer.

Pour le reste de la soirée, notons particulièrement la magnifique et envoûtante Nuit transfigurée par le (dont le violoncelliste François Kieffer, souffrant, a été remplacé par Christophe Morin), et . Son interprétation est précédée de la lecture, par , de La femme et le monde de Richard Dehmel à partir duquel fut composée l’œuvre. La mezzo-soprano, excellente dans le répertoire barque et classique, manquait quelque peu de couleur dans La chanson perpétuelle de Chausson ainsi que les extraits de La Bonne chanson de Fauré.

Sur la première page du programme, on lit « les parfums, les couleurs et les sons se répondent… » Mais nous n’avons pas pour autant senti ni les parfums, ni les couleurs, relégués à notre sens à l’arrière-plan par les sons. Et c’est dommage.

Crédit photographique : Gérard Caussé © Dorothée Marciak

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