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Vanessa Wagner et Thibault Lebrun, le maître et l’élève

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

« À l’aube », œuvres de Grieg (Au Matin), Debussy (les trois Images de la 2ème série), Schubert (12 Ländler, op. 171), Dvorak (Danses slaves, n° 7 et 8, op. 46), Beethoven (sonate op. 31 n° 3 en mi b majeur) et Liszt (Ballade n°2, S.171). Vanessa Wagner et Thibault Lebrun, pianistes. 1 CD, collection « Le Maître et l’élève », 2015, 1001notes07. Jaquette à trois volets, avec courtes biographies des deux pianistes et présentation de l’Association 1001 notes en Limousin. Durée : 68:00.

 

a l'aube v wagnerRencontre entre une pianiste à la notoriété bien établie, (lire ce compte rendu d’un récital au Festival Elne Piano Fortissimo cet été) et un tout jeune pianiste franco-américain de 23 ans, (déjà évoqué par ResMusica), dans le cadre d’une collection baptisée « Le Maître et l’élève » éditée par l’association 1001 Notes en Limousin.

Il s’agit pour l’interprète aîné d’accompagner les premiers pas au disque d’un musicien à l’aube de sa carrière. Et il est construit en effet autour de l’idée de l’aube, débutant symboliquement par « Au Matin », extrait de Peer Gynt de Grieg, un 4 mains qui permet aux deux pianistes d’ouvrir le programme ensemble.

On pourra toutefois se demander en quoi par exemple les Ländler de Schubert ont trait à l’aube. Mais c’est de peu d’importance et ce qui compte c’est la belle variété et la cohérence du programme qui permet de mettre en valeur les deux protagonistes, sans que l’aînée écrase le plus jeune.

Les pièces à 4 mains sont bien équilibrées et jouées de manière très vivante. On aurait peut-être aimé un tout petit peu plus de poésie dans la pièce de Grieg et on regrette quelques accents durs et métalliques surtout dans les Danses slaves de Dvorák.

s’expose vraiment avec son programme : trois Images de Debussy, une sonate de Beethoven et une Ballade de Liszt et il en résulte un sentiment contrasté. Dans les Debussy de beaux moments, une belle liquidité de certains traits, mais peut-être là encore un certain manque de mystère, une difficulté à créer une atmosphère. Dans la sonate de Beethoven, le jeu est précis, perlé presque, la facture classique, sobre mais tout cela sonne assez impersonnel et les silences donnent parfois un sentiment de vide. En revanche, le jeune pianiste brille dans la Ballade de Liszt. Il crée un magnifique effet de magma sonore initial d’où émerge le chant ; la virtuosité, très réelle, est maîtrisée sans que cela bride le jeu et les contrastes sont puissants.

pour sa partie en solo a choisi des Ländler de Schubert qu’elle interprète avec un mélange de simplicité et de liberté très convaincant. Elle parvient à caractériser ces pièces ultra brèves, souvent moins d’une minute, qui sont chacune un petit monde.

On retiendra donc de ce disque fondé sur une belle et généreuse idée surtout les Schubert de Vanessa Wagner et le très beau Liszt de Thibault Lebrun.

 

 

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