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Angelin Preljocaj met les voiles sur le Centre national du costume

Aller + loin, Danse , Expositions

Centre National du Costume de Scène (CNCS). Moulins. Exposition Angelin Preljocaj, costumes de danse. Jusqu’au 6 mars 2016.

© Pascal FrançoisPour le 30e anniversaire du Ballet Preljocaj, le Centre national du costume de scène (CNCS) donne carte blanche à pour une exposition-rétrospective.

Le CNCS aime être là où on ne l’attend pas. Rompre avec l’image un peu poussiéreuse et traditionnelle attachée à un musée de costumes. Le pari est réussi avec l’exposition consacrée à , figure majeure de la danse contemporaine.

L’exposition refuse de se borner à une présentation statique des costumes des ballets de Preljocaj. La gageure, relevée par la scénographe, Constance Guisset, consiste à montrer les costumes en mouvement, tirer un trait d’union entre le spectacle vivant et le musée. Au-delà des costumes, c’est l’ensemble de l’oeuvre chorégraphique de Preljocaj qui est présentée et commentée par le chorégraphe lui-même à travers de nombreux extraits vidéos.
Le parcours de l’exposition, clair et cohérent, s’organise en trois temps : après une présentation du chorégraphe et du Pavillon Noir, le célèbre lieu de résidence de la compagnie Preljocaj à Aix-en-Provence, imaginé par l’architecte Rudy Ricciotti, on pénètre dans les salles consacrées à huit ballets emblématiques du chorégraphe (notamment Roméo et Juliette, Le Parc, Blanche Neige, Siddharta, Les Nuits), abordés sous le prisme des costumes. Enfin, l’exposition se termine par un espace interactif, où les visiteurs sont appelés à dessiner, par le mouvement de leur corps, des formes de lumières sur le sol, à l’image des danseurs du ballet Helikopter, sur la musique de Stockhausen.

L’exposition met l’accent sur la collaboration entre le chorégraphe et d’autres créateurs. Des musiciens, comme et le DJ Laurent Garnier ; de grands couturiers comme Azzedine Alaïa et Jean-Paul Gaultier ; des plasticiens comme Fabrice Hyber et Claude Levêque, et des dessinateurs comme Enki Bilal et Aki Kuroda.

© Jean Claude CarbonnePour Angelin Preljocaj, « la danse doit se nourrir des autres arts ». Le travail avec un autre artiste « incurve l’espace de créativité » et permet d’évoluer. C’est pour cela qu’il bouscule les codes et fait des choix qui ne vont pas de soi : par exemple, confier la réalisation des costumes du ballet Les 4 saisons, sur la célébrissime musique de Vivaldi, au plasticien Fabrice Hyber, qui « apporte le chaos », selon les mots mêmes de Preljocaj, avec ses « POF », prototypes d’objets en fonctionnement.

L’exposition est portée par une scénographie qui allie sobriété et spectaculaire. Sobriété des couleurs, les fonds sont noirs, en référence bien sûr au Pavillon noir et aux couleurs sombres des ballets de Preljocaj; spectaculaire de part la beauté et la diversité des costumes et des effets vidéos, notamment le sol de lumière d’Helikopter.

Pas besoin donc d’être un spécialiste d’Angelin Preljocaj pour apprécier l’exposition. Les panneaux explicatifs, bien visibles et très pédagogiques, présentent l’histoire de chaque ballet de manière synthétique. Les extraits vidéos permettent à chacun d’avoir un aperçu de l’oeuvre et remettent les costumes présentés dans leur contexte. Les enfants n’ont pas été oubliés puisqu’un espace de jeux, où ils pourront essayer des costumes et danser, leur est dédié.

Indépendamment de l’exposition, la visite du CNCS vaut le déplacement. Créé en 2006, le jeune musée possède des collections exceptionnelles, notamment la collection Rudolph Noureev, obtenue par une donation de la Fondation Noureev en 2008. Les réserves, riches de 10 000 costumes confiés en dépôt par l’Opéra de Paris, la Comédie-Française et la Bibliothèque nationale de France, contiennent des trésors qui émerveilleront tout amateur de théâtre, de danse, ou d’opéra.

Crédits photographiques  : Costume dHervé Pierre pour le rôle dune danseuse dans Parade, Ballet Preljocaj, 1993  © Pascal François; Les 4 Saisons… Création 2005. Chorégraphie d’Angelin Preljocaj / Ballet Preljocaj © Jean-Claude Carbonne

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