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Yuja Wang : le brillant Ravel qui cache le Fauré

À emporter, CD, Musique symphonique

Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol majeur pour piano et orchestre ; Concerto en ré majeur pour la main gauche. Gabriel Fauré (1845-1924) : Ballade en fa dièse majeur pour piano solo op. 19. Yuja Wang, piano. Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : Lionel Bringuier. 1CD Deutsche Grammophon. Notice : non indiqué, disque promotionnel. Durée : 50’12

 

yuja wangLa jeune pianiste star , en tournée européenne avec l’orchestre de la Tonhalle de Zürich cette année, enregistre les deux concertos de Ravel et la Ballade en fa dièse de Fauré. C’est le répertoire qui convient à la virtuose, dont la vivacité et l’image moderne et décomplexée sont presque des arguments marketing. Une interprétation qui sait aussi être délicate, mais qui refuse toute mélancolie et calme introspection.

Le Concerto en sol est lancé avec une belle énergie et une grande aisance technique, en particulier dans les mouvements rapides. La pianiste nous charme aussi par des rubatos subtilement jazzy et langoureux, par exemple quand elle chante avec le cor anglais au deuxième mouvement. L’adagio ne prend pas le temps d’installer une douce mélancolie, ce qui est un peu frustrant : les interprètes préfèrent dérouler la musique dans un flot allant, continu et délicat. Le Concerto pour la main gauche nous semble joué avec une grande maturité, et, à nouveau une grande maîtrise. Cette main gauche est bien présente face à l’orchestre, et ensemble, ils déchaînent une musique explosive et percutante. L’entente et l’équilibre avec l’orchestre sont globalement bons, même si ce dernier manque parfois un peu de légèreté (l’attaque du Presto du Concerto en sol, par exemple) ou détaille un peu trop les différentes voix.

La Ballade de Fauré arrive comme une respiration entre les deux concertos. L’œuvre, dédiée à Camille Saint-Saëns, inspirée de loin par le thème des « Murmures de la forêt » du Siegfried de Wagner, est ici présentée dans sa version, plus rare, pour piano seul. Si l’introduction pourrait être plus nocturne ou rêveuse, nous assistons bien à une illumination progressive, comme improvisée, jusqu’à l’allegretto gai, puis tout à fait brillant. Il faut tout le talent de pour faire ressortir le thème de barcarolle de cette partition complexe, avec une clarté qui semble évidente à l’auditeur. Cette pièce est le bijou caché de ce disque.

 

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