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Romanus Weichlein et ses contemporains par l’ensemble Masques

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Romanus Weichlein (1652-1706) : sonates op. 1 n° 2, 3, 6, 9 et 11 ; œuvres de Johann Kuhnau (1660-1722), Georg Böhm (1661-1731), Johann Pachelbel (1653-1706), Johann Kaspar Kerll (1627-1693) et Georg Muffat (1653-1704). Ensemble Masques : Sophie Gent, violon ; Tuomo Suni, violon ; Kathleen Kajioka, alto ; Mélisande Corriveau, basse de viole ; Benoît Vanden Bemdem, violone ; Olivier Fortin, clavecin et orgue ; avec la participation de Skip Sempé, clavecin. 1 CD Alpha Classics. Enregistré à l’église de Laval-en-Brie en septembre 2014. Durée : 61’01.

 

weichlein-fortinQui connaît Andreas Franz (en religion Romanus) Weichlein, moine autrichien de la seconde moitié du XVIIe siècle ? L’ nous le fait découvrir en le replaçant dans son époque.

L’opus 1 de Weichlein, livre de douze sonates dont cinq sont données ici, pourtant publié en 1695, n’est plus connu que par un seul exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de France. Écrites pour “cinq instruments et plus”, ces pièces sont explicitement prévues pour être jouées ou dans un cadre religieux ou dans un cadre profane. Ceux qui connaissent Biber y décèleront une parenté certaine. Ceux qui ne le connaissent pas découvriront une musique vivante, énergique, extrêmement inventive, voire facétieuse. Rien de stéréotypé dans la répartition des voix : l’alto et la viole de gambe ne sont pas de simples faire-valoir pour les violons, si bien que c’est à un véritable petit “concert” que l’on assiste en réalité. Rien de stéréotypé non plus dans les motifs mélodiques. En résumé, de la très belle ouvrage. (tantôt à l’orgue positif, tantôt au clavecin) et ses acolytes de l’ ne sont pas étrangers à cette bonne impression. Inspiration, énergie, grande musicalité, intelligence du discours et virtuosité sont au rendez-vous.

L’un des aspects marquants de la musique de cette période, et qui participe de son charme, est le goût pour les techniques d’ostinato. Présentes chez Weichlein (et notamment dans la très belle sonate n° 6 en fa majeur), elles le sont également dans l’œuvre de ses contemporains. se fait accompagner de pour entrelarder les sonates de chacones et de passacailles de Pachelbel (une autre !), Kuhnau, Muffat…, transcrites pour deux clavecins. On prend plaisir à se laisser entraîner dans la répétition et les variations pleines d’inventivité que les deux clavecinistes déroulent joliment.

Nos seuls regrets concernent l’aspect éditorial : découpage à l’œuvre et non au mouvement, et absence dans le livret de toute indication sur la formation, les interprètes et, comme cela se fait généralement aujourd’hui, sur leurs instruments.

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