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Anthologie sur la musique dans le romantisme fantastique français

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La musique dans les récits fantastiques du romantisme français. Textes rassemblés, annotés et présentés par Stéphane Lelièvre. Editions Aedam Musicae. 376 pages. ISBN : 978-2-919046-11-9. Dépôt légal juin 2015.

 

41QZexgbdWL._SX376_BO1,204,203,200_Stéphane Lelièvre réalise une anthologie littéraire de référence sur la période romantique, sur un thème doublement rare pour la France littéraire : la musique et le fantastique.

Que ce soit en littérature ou au cinéma, l’élite artistique française n’a jamais accordé au genre du fantastique une réelle reconnaissance, et les oeuvres emblématiques, de la Symphonie Fantastique de Berlioz à la Main du diable de Maurice Tourneur  (film réalisé en 1943), restent des coups d’éclats isolés et sans descendance immédiate. Cette épaisse anthologie « Lettres et Musique, l’alchimie fantastique » sous-titrée  « La musique dans les récits fantastiques du romantisme français », rappelle utilement que le fantastique a fait l’objet d’un véritable engouement littéraire en France, avec un pic d’intensité de 1830 à 1833, et s’est poursuivi de manière déjà plus épisodique jusqu’en 1850.

Au fil de la dizaine de textes qui ont été réunis, on voit les figures de Paganini (diabolique), Liszt (caricaturé) et surtout E.TA. Hoffmann dont l’influence marque quasiment tous les textes de cette anthologie, croqués par des plumes bien oubliées aujourd’hui (Raymond Brucker, Théophile de Ferrière…). On retourne à l’Opéra à Paris durant la Révolution avec Alexandre Dumas (La Femme au collier de velours), on monte sur l’Etna avec dans un texte de jeunesse, on redécouvre une époque où la musique classique et ses interprètes faisaient partie du paysage culturel et littéraire. Un autre charme de cette anthologie est que la musique savante y est une passion pour laquelle vous pouvez commettre des crimes odieux comme enfermer l’âme de votre mère dans un violon (dans Tobias Guarnerius de Charles Rabou, avec une scène de transfusion digne de Frankenstein), vous consumer jusqu’à la mort (Le Nid de Rossignols de Théophile Gautier, Les Cygnes chantent en mourant de Frédéric Mab, un pseudonyme qui pourrait cacher ou Jules Janin), ou simplement vous empêcher de vivre aussi longtemps que vous la refoulez en vous (Carl de ).

Stéphane Lelièvre, spécialiste des relations entre musique et littérature à l’université Paris-Sorbonne,  a réalisé un travail considérable pour présenter et annoter chaque texte, de manière fort érudite. Le résultat est remarquable, on regrettera juste que les présentations n’aient pas davantage privilégié un souci de synthèse, ce qui aurait permis un accès plus aisé à des textes qui sont par nature destinés à un large public.

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