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Le bel automne du concours de promotion de l’Opéra de Paris

Concours, Danse , La Scène

Paris. Opéra Garnier. 3-XI-2015 et 6-XI-2015. Ballet de l’Opéra national de Paris : Concours annuel du corps de ballet de l’Opéra. Jury: Stéphane Lissner, Directeur de l’Opéra national de Paris ; Benjamin Millepied, Directeur de la Danse; Benjamin Pech, Danseur Etoile et collaborateur artistique du Directeur de la danse; Yuri Fateyev, Directeur du Ballet du théâtre Mariinski; Noëlla Pontois, Danseuse étoile et pédagogue; suppléant: Lionel Delanoë, maître de ballet; membres du jury élus par le Ballet: Laura Hecquet, Ludmila Pagliero, Lucie Clément, Sabrina Mallem, Alexis Renaud; suppléante: Muriel Zusperreguy.

563ccfc20000000000000001_MEDIUMCette deuxième édition du concours sous l’ère Millepied s’est révélée fructueuse: des danseurs et danseuses talentueux, de jolis choix artistiques et des résultats cohérents. Le concours semble avoir encore de beaux jours devant lui!

Exercice périlleux et parfois cruel, le concours de promotion interne de l’Opéra est un moment de grande intensité: la tension est palpable, le silence à la fin de chaque prestation pesant. Mais c’est un régal de voir ces jeunes danseurs talentueux donner le meilleur d’eux-même, et assurer l’avenir de la troupe de l’ONP au plus haut niveau.

Cette année, le concours homme a été d’un niveau élevé techniquement et de belles personnalités se sont révélées artistiquement.

Dans la classe des quadrilles, les différences de niveau technique étaient visibles. On trouve encore des réceptions de sauts hésitantes ou manquant de moelleux, des attaques trop timides ou des équilibres pas assez tenus. Toutefois, certains se sont tirés des écueils de la variation imposée (La Belle au Bois dormant de Noureev) avec brio. C’est le cas de et de , qui ont montré leur supériorité technique.
Concernant les variations libres, si le concours a été archi-dominé par Jérôme Robbins, et notamment Dances at a Gathering, certains se sont risqué à des choix plus audacieux avec parfois de belles surprises. Ainsi, Takeru Coste nous a livré un moment de grâce, dépassant de loin le cadre du concours, avec son interprétation électrique de Speaking in Tongues de Paul Taylor.
Les deux postes de coryphées ont été attribués à (1ère place) et (2è place), sans grande surprise.

Avec les coryphées, le niveau monte d’un cran, surtout du point de vue technique. La danse est plus assurée, aboutie, fluide. Il était assez difficile de départager les danseurs sur la variation imposée (La Sylphide). Dans la variation libre, les choix se sont majoritairement portés sur des variations techniques, avec une prise de risque évidente. Toutefois, a fait le pari de l’artistique en choisissant la Variation de la Télévision, extraite de l’Appartement de Mats Ek, dont il a réalisé une interprétation juste et poignante. Finalement, c’est qui a été récompensé et promu au rang de sujet. Il s’est montré très à l’aise dans sa variation libre, le pas de deux d’Esmeralda, dans la chorégraphie de Marius Petipas.

Last but not least, la classe des sujets était très attendue, avec plusieurs danseurs à fort potentiel et une seule place à la clef.
La variation imposée, extraite de Sylvia de Balanchine, présentait de redoutables difficultés techniques, notamment la série de trois doubles sauts en tournant, terminée par une double pirouette.
Trois danseurs ont dominé assez nettement la classe: , élégant et très propre techniquement, malgré de petites imperfections et qui a fait un sans faute. Deux surprises: l’abandon d’Allister Madin au milieu de la variation imposée pour cause de blessure, et la non présentation de Yannick Bittencourt, pourtant programmé.
Concernant les variations libres, a réalisé une magnifique interprétation d’Other Dances de Jérôme Robbins. Ce danseur, qui incarne l’élégance à la française, allie sensibilité, musicalité, précision et sobriété. Il n’est pas sans rappeler un , et a certainement un grand avenir devant lui.
s’est détaché également, avec son interprétation tout en finesse et en retenue du Danseur en brun de Dances at a Gathering. Avec la variation de James dans La Sylphide, a confirmé ses qualités techniques, notamment son ballon dans la série d’entrechats six magnifiquement exécutée.
Finalement, c’est Hugo Marchand qui a obtenu le poste de premier danseur. Fabien Révillion est deuxième du classement et Germain Louvet, troisième.

563a22a80000000000000000_MEDIUMLes filles ont également réalisé un beau concours et tous les postes ouverts ont été pourvus.

Ont été promues:

  • coryphées: Roxane Stojanov, Katherine Higgins, Sophie Mayoux, Leïla Dilhac et Alice Catonnet,
  • sujets: Marion Barbeau, Ida Viikinkoski, Fanny Gorse, ,
  • premières danseuses: Hannah O’Neill et .

La surprise dans la classe des sujets a été la non-promotion d’Heloïse Bourdon, qui a fait un très bon concours et a maintes fois montré ses qualités techniques et sa capacité à assumer des rôles d’étoile sur scène. Néanmoins, les promotions d’ et de , danseuses charismatiques et mises en avant par la nouvelle direction, sont pleinement méritées.

A ce niveau d’excellence, au sein du quatuor de tête formé par , , Heloïse Bourdon et Léonore Baulac, la préférence pour l’une ou l’autre comporte une inévitable part de subjectivité.

Crédits photographiques: Hugo Marchand;  (c) Sébastien Mathé / Opéra National de Paris

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