megabanniere72890

La Baule, une carte blanche à Lugansky éblouissante

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

La Baule, Grand hôtel de l’Hermitage. 6, 7 et 8 XI 2015. Œuvres de Bach, Mozart, Tchaikovsky, Brahms, Rachmaninov, Arensky, Dvorak, Franck, Haydn, Schubert.
Nikolai Lugansky, Vadim Rudenko (pianos), Sergeï Krylov (violon), Alexander Kniazev (violoncelle), Evgeny Petrov (clarinette), Quatuor Pražák.

IMG_3995Donner carte blanche à et ses amis c’est offrir une promenade parmi les plus hauts chefs d’œuvre de la musique de chambre servis par les meilleurs interprètes slaves du moment. On s’incline bien bas devant le pianiste, le et surtout le génial violoncelliste . Des moments musicaux inoubliables !

Deux fois par an, le cadre enchanteur de La Baule sert d’écrin à des « Moments Musicaux » programmés par René Martin, dont on connaît le talent pour réunir des affiches prestigieuses. Cette année, la carte blanche à avait programmé, en six concerts concentrés en trois jours une floraison de chefs d’œuvre servis par les solistes russes les plus talentueux du moment. Même s’il ne s’est hélas jamais produit seul, Lugansky ressort au sommet de ces rencontres.

Accompagnateur inspirant, s’il ne parvient pas réellement à obtenir du plutôt décevant Serge Krylov une conception convaincante de la sonate de Franck, il se rattrape dans le Trio op. 8 de Brahms, magnifique de lyrisme et d’ampleur avec l’appui inestimable d’, décidément le plus grand violoncelliste de sa génération.

Et le plus haut sommet du week-end est conquis avec le somptueux quintette de Franck par Lugansky et les Prazak. Le quatuor tchèque, s’il possède toujours la musicalité et la cohésion parfaite qui fait sa personnalité, souffre cependant d’un premier violon récemment intégré alors que les trois autres membres jouent ensemble depuis des décennies ce qui se traduit par un manque parfois audible d’homogénéité. Plutôt sensible dans le Quatuor américain de Dvorak ou « l’Alouette » de Haydn, ce défaut s’effaçait dans le quintette de Franck déjà cité, transporté par une passion qui a submergé les auditeurs dans cet immense chef d’œuvre trop rarement joué. Le miracle s’est presque renouvelé le lendemain dans le sublime quintette de Schubert par les Pražák rejoints par Kniazev, dont la sonorité d’orgue paraissait parfois trop grandiose pour l’équilibre de l’ensemble. Mais quelle intensité ! Le duo Kniazev-Lugansky transcendait également l’ample sonate de Rachmaninov, que les deux musiciens ont dans leurs gènes avec un naturel absolu et qu’ils ont jouée ensemble si souvent que leur entente frôle la perfection. Qu’importe dès lors que le pianiste invité par Lugansky, Vadim Rudenko, fasse preuve d’une technique certes en acier mais d’une brutalité de toucher bien peu musicale, ce qui ne gène pas encore trop en récital mais déséquilibre le trio de Tchaïkovski déjà fragilisé par l’inégalité entre Krylov et Kniazev ? Réunir en trois journées une telle concentration de virtuoses de haut vol pour un pareil bouquet de chefs d’œuvre tient du miracle en soi.

Crédit photographique : (c) Brigitte Noirtin, Ouest France

 

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.