tous les dossiers(1)

Alla Czeca : une plongée dans l’univers de l’Europe centrale

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Antonín Dvořák (1841-1904) : Quatuor à cordes en sol majeur op. 106 ; Josef Suk (1874-1935) : Méditation sur l’ ancien choral « St. Wenceslaus » op. 35A ; Erwin Schulhoff (1894-1942) : Cinq Pièces pour quatuor à cordes WV 68. Signum Quartet. 1 CD Capriccio. Réf. : C5257, code barre : 8 45221 05257. Enregistrement réalisé à la Radio bavaroise, Studio 2 (Munich), du 6 au 9 avril 2014. Notice bilingue : allemand-anglais. Durée : 45’53

 

alla czecaEmbarquement pour le monde musical tchèque représenté par trois créateurs merveilleux et bien distincts en tant que représentants de périodes esthétiques différentes.

Le lien qui relie Dvořák, Suk et Schulhoff repose presque évidemment sur leur origine géographique commune centrée autour du focus culturel rayonnant depuis Prague en direction de toute la région.

L’impact musical d’ fut immense et s’exerça bien au-delà de sa patrie d’origine. Il est apparenté à en tant que professeur et beau-père et, musicalement,  par la transmission d’un style que Suk saura métamorphoser tant au plan de la polyphonie que de la rythmique, au point d’être considéré comme le fondateur de l’école tchèque moderne. Sa musique, plutôt négligée et sous-estimée, mérite plus de curiosité, comme tend à le prouver l’immersion dans l’atmosphère de cette Méditation sur un ancien choral élaborée en réponse aux violents événements de l’été 1914. Le Quatuor à cordes en sol majeur de Dvořák composé en 1895 paraît moins lumineux que d’autres de la série tout en portant parfaitement ses accents si caractéristiques. La partition de Suk marque une étape modernisante, certes, mais encore très modérée, bientôt remplacée par les Cinq Pièces pour quatuor à cordes d’ de 1923 assurément imprégnées de ses origines artistiques germano-bohémiennes. Elle affiche l’avancée moderniste expressionniste de ce représentant de « l’art dégénéré », selon l’horrible vocabulaire pratiqué par les nazis, qui périra en camp de concentration une vingtaine d’années plus tard.

Cette inéluctable progression bénéficie d’une interprétation formidable du Quatuor Signum, basé à Cologne, et jouant sous la présente configuration depuis une huitaine d’années. Décliner les talents dont le Quatuor Signum a profité (les prestigieux Quatuors Alban Berg, Artemis, Melos), les artistes majeurs avec lesquels il a travaillé, les nombreuses récompenses reçues et les quelques enregistrements réalisés pour le label Capriccio ne font que renforcer le bilan positif de ses interprétations et notamment celles relatives à Dvořák, Suk et Schulhoff, recommandables sans la moindre hésitation.

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.