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Jos van Immerseel, le tchèque lui va si bien

À emporter, CD, Musique symphonique

Leoš Janáček (1854-1928) : Sinfonietta. Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°9 op.95 « du nouveau monde ». Anima Eterna Brugge, direction : Jos van Immerseel. 1 CD Alpha 206. Enregistré au Concertgebouw Brugge en mars 2015. de 44 pages Notice en français, anglais, allemand, hollandais. Durée : 70:49
Berlioz, Debussy, Ravel, Poulenc. 1 coffret de 5 CDs Alpha 225. Enregistré au Concertgebouw Brugge entre 2005 et 2013. Livret quadrilingue de 92 pages. Durée 5H21

 

animaeterna_janacekA côté de la réédition en coffret d’un siècle de musique française qui donne un résultat variable, avec Brugge  publie un nouveau disque Janáček et Dvořák qui est pleinement convaincant.

L’ensemble Brugge fête ses 30 ans en 2015, et Alpha célèbre l’événement en rééditant les disques de musique française précédemment parus sous étiquette Zig-Zag Territoires dans un coffret de cinq CDs. L’impression reçue lors de leur parution respective reste inchangée, du décevant Debussy, manquant de poésie, au satisfaisant (Ravel en 2005,  Poulenc en 2009) en passant par un Berlioz trop sage (en 2008) pour vraiment convaincre. 

En revanche, la démarche d’Anima Eterna de recherche musicologique et de retour aux instruments d’époque fait merveille dans la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák et surtout la Sinfonietta de Leoš Janáček. On retrouve dans ce répertoire les affinités des musiciens avec la musique russe (Borodine et Rimski-Korsakov, 1 CD Zig-Zag Territoires, Clef ResMusica), où il ne suffit pas d’être une phalange internationale de luxe pour s’approprier cette musique. Encore aujourd’hui, le répertoire tchèque est inséparable de la tonicité rythmique, de la saveur terrienne et de l’énergie solaire qu’y insufflaient les immenses Václav Talich et Karel Ančerl. C’est à cette aune que l’on compare ces nouveaux enregistrements, et que l’on admire la prestation de et de son ensemble. Les phalanges tchèques avaient sans doute plus de virtuosité et de légèreté, en raison notamment de l’usage d’instruments modernes, mais l’essentiel est que ces enregistrements ont une identité, une pâte, de la saveur.

L’enjeu d’Anima Eterna est de retourner aux sources, et là c’est comme un retour à la terre. Il n’y a rien de thèque dans cette formation, et pourtant elle colle au plus près de ce qu’on attend dans cette musique, de la joie, du rythme, une incroyable complexité qui se fait dansante. Cette saveur terrienne retrouvée – on oserait presque dire de terroir – est la meilleure justification des choix interprétatifs de Jos van Immerseel.

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