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Michel Bouvard inaugure l’orgue de Ciboure

À emporter, CD

Heinrich Scheidemann (1595-1663) : Praeambulum in d WV 33 ; Samuel Scheidt (1587-1654) : Hymnus « Veni Creator Spiritus » ; Anthony van Noordt (1620-1675) : Psalm 24 ; Dietrich Buxtehude (1667-1707) : Passacaglia in d BuxWV 161 ; Choral « Nun Komm » BuxWV 211 ; Praeludium in g BuxWV 148 ; Georg Boehm (1661-1733) : Choral orné « Vater unser » ; Praeludium, fuge und postludium in g ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Choral orné « Nun Komm » BWV 659 ; Choral « Christ lag » BWV 625 ; Choral « Komm, Gott, Schöpfer » BWV 667 ; Choral « Vater unser » BWV 682 ; Ricercar à 6 voix BWV 1079. Michel Bouvard à l’orgue Dominique Thomas (2013) de l’église Saint-Vincent de Ciboure (Pyrénées-Atlantiques). 1 CD Hortus. Enregistré du 27 au 29 janvier 2015. Livret bilingue français anglais. Durée totale : 76’39.

 

bouvard_ciboure_hortusCe disque est l’écho de la naissance d’un nouvel orgue dans la belle église toute de bois vêtue de Ciboure en pays basque. propose un récital d’inauguration autour des maîtres baroque de l’Allemagne du nord, en parfaite harmonie avec le style de l’instrument.

Ciboure est une petite ville des Pyrénées-Atlantiques voisine de Saint-Jean-de-Luz et célèbre en musique puisque Maurice Ravel y naquit dans l’une de ses magnifiques maisons donnant sur le port. Dans son église à l’architecture caractéristique de cette région, de grandes tribunes en bois ceinturent l’intérieur de l’édifice. C’est dans cet environnement particulier que le facteur belge Dominique Thomas a édifié en 2013 un nouvel orgue largement inspiré des orgues baroques nord-allemands, dans le style de leur chef de file le facteur d’orgue Arp Schnitger.

L’idée d’une telle esthétique en ce lieu peut paraître de prime abord curieuse et pourtant tout montre que ce choix est parfaitement judicieux. Un élément fondamental et favorable est l’acoustique de cette église, rappelant de manière très proche celle des édifices du nord de l’Europe, chargés de bois, notamment la voûte dite « en coque de bateau renversée », offrant une réverbération courte, propice à l’épanouissement de la polyphonie, sans brouillage du son. La prise de son maîtrise à ce niveau parfaitement cette ambiance, sans aucune dureté.

Le programme choisi par puise parmi les compositeurs les plus significatifs de cette grande période féconde de l’orgue allemand et flamand. Les plus belles œuvres resplendissent ici dans toute leur lumière par une approche apollinienne, propre à cet interprète qui nous en révèle à la fois leur solide structure et leur inspiration poétique. Ce programme qui aboutit logiquement à Bach montre combien ce génie s’est construit sur toute cette école qui l’a précédé depuis la fin de la Renaissance. On appréciera en particulier l’art de la variation avec le Psaume 24 du flamand , les foisonnantes trouvailles de la Fantaisie de choral de , ou le lyrisme du Notre Père orné de .

La France s’enrichit une nouvelle fois d’un orgue nouveau de grande valeur, puisant son esthétique au-delà des frontières géographiques, dans la grande tradition séculaire du brassage des styles, des facteurs d’orgues et des musiques qui ont façonné l’histoire de l’orgue en Europe depuis le XVIe siècle.

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