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Stéphanie Paulet et Yasuko Uyama-Bouvard revisitent Mozart

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate en mi mineur K 304 ; Sonate en mi bémol majeur K 380 ; Sonate en sol majeur K 379 ; Fantaisie en ré mineur K 397 ; Fantaisie en ut mineur K 475. Stéphanie Paulet, violon Christian Bayon (2011) d’après Guarnerius « Del Gésù ». Yasuko Uyama-Bouvard, pianoforte Christopher Clarke (2005) d’après Anton Walther (1790). 1 CD Hortus 123. Code barre 3487720001239. Enregistré en l’abbaye-école de Sorèze (Tarn) du 27 au 29 novembre 2014. Livret bilingue français anglais. Durée totale : 68’03.

 

mozart_bouvard_paulet_hortusCe disque propose trois des seize sonates écrites par Mozart pour le clavier avec un accompagnement de violon. Deux Fantaisies pour clavier solo viennent compléter un programme judicieusement construit par et . Un subtil dialogue s’établit entre les sonorités rares du violon baroque et du pianoforte, porté par deux artistes hautement inspirées.

Le titre même de ces « Sonates pour le clavecin ou le pianoforte avec accompagnement de violon » peut surprendre. En fait, Mozart cherche à traiter à parts égales les deux instruments, en évitant de reléguer au rang de simple soutient harmonique le piano accompagnateur. C’est à de nombreuses occasions que le clavier passe devant le violon, ce dernier se plaçant en complément à l’unisson et créant ainsi certains éclairages assez inhabituels. Il y a là un signe de recherche et de modernité qui tranche avec le contexte musical de l’époque baroque (Bach excepté), où le soliste primait avant toute chose.

Le violon de est une copie réalisée par Christian Bayon d’après des modèles de Giuseppe Guarneri, associé à un archet ancien attribué à Nicolas Duchaîne. Le pianoforte est une copie d’un instrument du facteur viennois Anton Walter des années 1790, réalisée en 2005 par Christopher Clarke, grand spécialiste mondial des pianofortes. L’ambiance sonore est des plus séduisante : les couleurs chaudes des instruments se marient à merveille, avec une interprétation à la fois engagée et remplie d’une rare douceur. Dans les deux Fantaisies pour le clavier, on appréciera l’émergence d’un dramatisme issu du « Sturm und drang » cher à Carl-Philip Emanuel Bach, que le grand Dinu Lipati avait su révéler il y a bien longtemps.

La prise de son de Pierre Roques restitue de manière cohérente l’équilibre des protagonistes installés pour la circonstance dans les espaces de l’Abbaye-école de Sorèze (Tarn). Cet enregistrement constitue une approche historique grâce à une technique adaptée aux instruments anciens, renouant ainsi avec le contexte musical contemporain de leur création, afin de révéler au plus près les accents de génie du discours mozartien.

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  • Martin Antoine

    OK mais je reste avec « mon » magnifique disque Zig Zag Classic : van Immerseel et M Seiler dans un corpus un peu identique de sonates de Mozart ….

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