tous les dossiers(1)

Phénoménale excursion nordique avec le violon d’Hélène Collerette

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Norigine. Jacques Hétu (1938-2010) : Variations op. 11 ; Svante Henryson (né en 1963) : Sonate pour violon solo ; Esa-Pekka Salonen (né en 1958) : Lachen verlernt ; Serge Arcuri (né en 1954) : Soliloque 1 ; Carl Nielsen (1865-1931) : Præludium et Thème avec Variations op. 48. Hélène Collerette (violon). 1 CD Signature. Enregistré à Radio France en mars 2014. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 63’54.

 

Les Clefs Resmusica

norigineNorigine. Cédons sans résistance à l’appel du slogan. Une plongée dans le monde septentrional nous est offerte par la violoniste jouant seule ces partitions de grande valeur intrinsèque bien que rarement entendues.

La beauté magique de son timbre, la chaleur de son interprétation et la sensibilité de son jeu constituent dans ce répertoire rare une très heureuse surprise. Cette jeune franco-québécoise, élève de au Conservatoire de Lausanne devenue super soliste à l’Orchestre philharmonique de Radio France en 1996 et soliste du Quatuor Lenoir signe là un enregistrement qui sans aucun doute fera date. Cette formidable démonstration, d’un lyrisme moderne, sans afféterie ni charme calculé, objectif et non édulcoré, conduit l’auditeur à déguster une insondable poésie, une narration captivante, une précision ciselée, une esthétique attachante inspirée par le « Grand Nord ». C’est simplement éblouissant. , disparu il y a quelques années, un des compositeurs canadiens les plus joués, séduit avec ses élégantes et émérites Variations opus 11 (ccc) tout comme son compatriote , élève du Conservatoire de Montréal, également éduqué dans le registre de la musique électro-acoustique avec ce dialogue intérieur édifiant nommé Soliloque 1 (2011).  Suédois quinquagénaire, né à Stockholm, signe en 2009 une passionnante Sonate pour violon seul résultant de ses pôles d’intérêt éclectiques et multiples (jazz, classique, hard rock, fusion, collaboration avec Elvis Costello…) pas si éloignée que cela de la production du talentueux représenté ici par une chaconne intitulée Laughting Unleant (Rire inculte). Enfin, et presque naturellement, le programme prend fin  avec Praeludium et Thème avec Variations op. 48 que le Danois écrivit (en 1923) et présenta (sous les doigts d’Emil Telmanyi) au Queen’s Hall de Londres l’année même de sa composition. Il s’agit d’une partition faite « d’une série de variations périlleuses pour l’instrumentiste et très en avance sur la production courante danoise », ainsi que nous l’indiquions récemment.

Un récital épatant, racé, flamboyant et généreux dont on ne se lasse pas. Du grand art. La référence.

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.