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Reprise du Lucia di Lammermoor de Saint-Céré à Massy

La Scène, Opéra, Opéras

Massy. Opéra. 14-II-2016. Gaetano Donizetti (1797-1848) Lucia di Lammermoor, opéra en trois actes sur un livret de Salvatore Cammarano. Mise en scène : Olivier Desbordes. Décors et costumes : Ruth Gross. Lumières : Patrice Gouron. Avec : Burcu Uyar, Lucia ; Gabriele Nani, Enrico ; Julien Dran, Edgardo ; Pierre Emmanuel Roubet, Arturo ; Christophe Lacassagne, Raimondo ; Hermine Huguenel, Alisa ; Samuel Oddos, Normanno. Orchestre et chœur Opéra Éclaté. Direction Gaspard Brécourt.

Lucia---Marc-Bissières-3On avait plutôt bien aimé cette Lucia créée en 2014 au festival de Saint-Céré, dans la cour du château médiéval de Castelnau. Sa reprise à Massy permet de la revoir sous un angle différent.

En premier lieu, sans la magie du cadre et des remparts, les décors sans imagination de sont laissés à nu. Un praticable incliné en forme de losange occupe la majeure partie de la scène, un simple trou en son centre figure la fontaine. C’est peu, et ça laisse tout le loisir de se rendre compte à quel point les costumes sont laids et peu seyants. Les lumières de Patrice Gouron sont en revanche plus percutantes qu’en plein air.

De son côté, a légèrement revu sa mise en scène – en mieux – Il avait de prime abord ajouté la brutalité physique au chantage moral afin d’exprimer la violence quotidienne infligée à Lucia, qui ne lui laisse plus d’autre choix que de se réfugier dans la folie. La jeune fille se retrouvait ainsi régulièrement jetée à terre, que ce soit par son frère, son fiancé ou son confesseur. Cet aspect superfétatoire a disparu, pour laisser place au drame brut, débarrassé de toute afféterie romantique. Et la mort de l’héroïne, qui se laisse glisser lentement dans la fontaine, entourée de son drap nuptial souillé, reste toujours aussi saisissante.

a accompli d’énormes progrès en deux ans, elle propose maintenant une Lucia tendre et sensuelle, avec des aigus faciles, des graves pleins et de jolis sons filés. Ses vocalises pleines de délicatesse répondent idéalement au son de la flûte, et l’interprétation générale est toute en subtilité.

Également rescapé de la distribution d’origine, en Enrico est largement insuffisant, à la limite de l’audible, tout comme le Normanno brinquebalant de Samuel Oddos. Bien au contraire, Raimondo sonne dans les meilleures notes de , qui décline aussi bien présence scénique qu’autorité vocale. Hermine Huguenel est une excellente Alisa, et Pierre Emmanuel Roubet un charmant Arturo, même s’il ne fait pas oublier le bien chantant .

Surtout, les représentations de Saint-Céré avaient été plombées par un Edgardo cauchemardesque pour nos pauvres oreilles. Cette reprise tient là un ténor de grande classe, en la personne de (lire notre entretien), dont le rôle convient parfaitement à ses capacités actuelles. Aussi vaillant qu’élégant, le parangon du grand héros romantique, il maîtrise avec panache et sensibilité toutes les facettes de son personnage.

Sous la baguette de , l’orchestre sonne un tantinet famélique.

Crédit photographique : MPC/Marc Bissières

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