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Traits, monographie Philippe Hurel par Court-Circuit

À emporter, CD

Philippe Hurel (né en 1955) : D’un trait ; Trait ; Trait-d’union ; Cantus ; Plein-Jeu. Alexandra Greffin-Klein (violon), Alexis Descharmes (violoncelle), Élise Chauvin (soprano), Ensemble Court-Circuit, Jean Deroyer (direction). 1 CD Motus. Enregistré au Studio de la Muse en Circuit, au Studio Sequenza et au Studio CIRM Centre National de Création Musicale de 2010 à 2015. Durée : 66’24.

 

Si l’on devait établir un idiome commun entre les œuvres issues de cette nouvelle monographie du compositeur (né en 1955), ce serait sans aucun doute la notion de ligne mélodique, tantôt malmenée, heurtée, brisée, mais toujours présente et continue au travers de ce programme Traits, interprété avec fougue par les musiciens de l’

Hurel-CDTraits, c’est le titre d’un recueil de trois œuvres présentées ici en ouverture de ce nouvel opus discographique, et regroupant des pièces pour violoncelle seul (D’un Trait, 2013), pour violon seul (Trait, 2014), ainsi qu’un duo pour violon et violoncelle (Trait-d’union, 2013).

Un geste ascendant joué « sul ponticello », une coulée volcanique, c’est l’élément déclencheur de ce cycle de trois pièces, qui se déploie de manière organique, quasi végétale. Les trois œuvres du cycle partagent de nombreux « traits » communs, comme l’étalage de nombreux modes de jeux spécifiques aux cordes (« pizzicatti », « sul-ponticello », « battuto » etc.) au travers d’une virtuosité débridée, le plus souvent brutale et éruptive, ne laissant (on le regrettera) pas assez de place au répit de plages plus éthérées, d’ailleurs tout à fait poétiques et remarquables lorsqu’elles se font entendre.

(violon) et (violoncelle) abordent ces œuvres qui leur sont dédiées avec une verve confondante, donnant à entendre une incroyable vie intérieure, au sein de ces partitions à la redoutable difficulté d’interprétation.

Le programme se poursuivait avec Cantus (2006), pièce d’une vingtaine de minutes pour soprano et ensemble, composée originellement pour et Accroche-Note, sur un texte original du compositeur… écrit après la composition de l’œuvre afin de s’ajuster au mieux sur la ligne de chant ! Usant d’une savoureuse dichotomie entre univers spectralisant tantôt abrupt ou tantôt liquide, la pièce ménage une ligne vocale doucement jazzy (début) ou bien un irréel moment aux deux-tiers de la pièce où les mélismes décoratifs de la voix se posent sur un univers gorgé de sanza (« piano à pouce » africain) donnant soudain à l’œuvre une dimension onirique. L’élégant soprano léger d’ est ici soutenu par l’, dirigé en spécialiste par le bras ferme et précis de .

Concluant ce voyage en terres « hureliennes », Plein-Jeu (2000) pour accordéon et électronique, nous fait pénétrer dans un univers à la fois brumeux et tranchant, où l’électronique massive créée au CIRM (bien qu’aux sonorités très « ircamiennes »), se mue en habit d’angoisse et de tensions autour de l’accordéon impeccable de .

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