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Lecture moderne des symphonies de Carl Nielsen par Paavo Järvi

À emporter, CD, Musique symphonique

Carl Nielsen (1865-1931) : Symphonies n° 1 en sol mineur op. 7 ; n° 2 « Les Quatre tempéraments » op. 16 ; n° 3 « Espansiva » op. 27 ; n° 4 « Inextinguible » op. 29 ; n° 5 op. 50 ; n° 6 « Semplice ». Orchestre de la Radio de Francfort, dir. Paavo Järvi. 2 CD RCA Reed Seal. Enregistrements réalisés à Wiesbaden et Francfort entre 2009 et 2013. Durée : 67’43, 75’25, 64’27.

 

jarvi-nielsenLes actions relatives au 150e anniversaire de la naissance de , l’année passée, ont-elles modifié le regard que l’on porte habituellement sur son œuvre, orchestrale en particulier ?

Difficile d’en juger ! Mais depuis ces dernières années, la mise sur le marché de son extraordinaire cycle de six symphonies représente autant d’opportunités précieuses de se rapprocher de l’art incomparable et irremplaçable du compositeur danois. L’écoute des œuvres dans l’ordre chronologique proposé déroule une exceptionnelle odyssée esthétique. De l’héritage romantique dans les deux premières (1892 et 1902), déjà très individuelles, en passant par la très personnelle Troisième dite « Espansiva » (1911), nous arrivons à la modernité maîtrisée et inouïe des deux suivantes, proches par le style et le climat qui la sous-tendent. La plus célèbre du cycle, la Symphonie « Inextinguible » (n° 4, 1916) et la suivante (n° 5, 1922), sorte de symphonie de guerre comme sa devancière, nous propulsent en direction d’un monde sonore encore inconnu, bien décidé à briser ses attaches avec un passé pulvérisé et ringardisé par le terrible conflit mondial. Trois ans plus tard, avec la dernière symphonie dite  à tort  « Semplice »  (n° 6, 1925), âgé de 60 ans se trouve heurté de plein fouet par les plus récentes productions. Elle représente pour lui l’opportunité de dresser un bilan de son parcours dans le premier mouvement Tempo giusto (un peu à la manière d’Une Vie de héros pour Richard Strauss) puis d’accepter la confrontation positive avec la pulvérisation des normes (Humoresque), l’ascétisme sec et pur (Proposta seria pour cordes seules) et ce Thème avec Variations où s’exposent tant d’ouvertures potentielles.

Le formidable pilote son Orchestre de la Radio de Francfort en favorisant les aspects modernistes du maître danois sans en dénaturer la quintessence. Leur intégrale vient s’ajouter en excellente position aux récentes lectures (depuis 2000) de Sir Colin Davis (Orchestre symphonique de Londres, 2009-2011, LSO Live), Alan Guilbert (New York Philharmonia,  2011-2014, Dacapo), Sakari Oramo (Orchestre philharmonique royal de Stockholm, 2013-2014, BIS), John Storgård (BBC Philharmonic, 2012-2015, Chandos), Osmo Vänskä (BBC Scottish symphony Orchestra, 1999-2002, BIS). Et pour reprendre le propos d’André Caplet appliqués ici à Carl Nielsen : « Là, il y a un message d’une rare qualité. »

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