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Un récital bien décevant de Saimir Pirgu

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Il mio canto. Airs extraits d’œuvres de Giuseppe Verdi (1813-1901) ; Giacomo Puccini (1858-1924) ; Charles Gounod (1818-1893) ; Richard Strauss (1864-1949) ; Francisco Cilea (1866-1950) ; Gaetano Donizetti (1797-1848) ; Jules Massenet (1842-1912). Saimir Pirgu, ténor. Orchestra del Maggio Musicale Florentino, direction : Speranza Scappucci. 1 CD Opus Arte. Ref OA CD 9041 D. Enregistré en septembre 2015 à l’Opéra de Florence. Notice en anglais, français, allemand. Durée : 62’51.

 

pirgu saimirCe disque banal et passe-partout déçoit d’autant plus qu’on attendait beaucoup de .

On avait beaucoup aimé l’entretien que nous avait accordé le beau en 2013, on avait découvert à cette occasion une personnalité charmeuse, attachante, intelligente, et passionnée par la musique. On avait également apprécié les fois où on l’avait entendu sur scène et on garde par exemple un excellent souvenir de son Rinuccio dans Il trittico à l’Opéra Bastille. On l’admire aussi pour le fait qu’il soit ambassadeur de la fondation Trisomie 21, qui apporte son soutien aux enfants trisomiques.

Mais ce CD… Que vient donc faire ce CD dans une belle carrière, déjà si riche et si remplie ? Un enregistrement comme on croyait qu’il n’en existait plus depuis les années 90 et le début de la crise du disque, quand les jeunes chanteurs gravaient à tout va leurs « airs de valise » dans le but de se faire connaître, ce que l’on appelait à l’époque une « carte de visite ». Le programme ne propose en effet que des morceaux plus que rabâchés et réentendus : La Bohème, Faust, L’Arlésienne, et on en passe… Même si l’album s’intitule « Il mio canto » et propose les rôles que Saimir Pirgu incarne un peu partout dans le monde, il n’y a pas la moindre trace d’originalité là-dedans, avec en plus les cabalettes coupées dans les airs de Verdi.
Ce n’est pas que l’interprète démérite : le timbre est beau, la ligne et le phrasé  sont soignés, et le français est impeccable dans Gounod et Massenet. Tout est propre, mais sans beaucoup de saveur, une sorte de chant international, comme on parle de cuisine internationale, policée et sans goût, destinée à plaire au plus grand nombre. Le problème est que dans ce répertoire, il y aura toujours un enregistrement de Bergonzi, de Pavarotti, ou d’un autre musicien de l’âge d’or à lui comparer – et Saimir Pirgu ne peut pas en sortir gagnant.

Si on ajoute à cela un orchestre routinier et atone, on se dit que voici un CD bien inutile. Et une vraie déception.

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