tous les dossiers(1)

Vertigineux Jean Rondeau à la salle Cortot

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Salle Cortot. 8-III-2016. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Prélude en la mineur ; Suite en la et Suite en sol extraites du Troisième livre des Nouvelles Suites de Pièces pour clavecin ; Joseph Nicolas Pancrace Royer (1705-1755) : Tambourins ; Zaïde ; La Sensible ; La Marche des Scythes. Jean Rondeau, clavecin.

EE3A3530_0Pour la soirée de lancement de son récent disque Vertigo (Clef ResMusica), le talentueux claveciniste confirme sur scène son excellence à faire briller Rameau et Royer.

a le mérite de ne pas s’en tenir au contenu du disque, puisque seules quelques pièces sont communes aux deux programmes. Pour ce qui est des suites de Rameau, tous les morceaux du Troisième livre des Nouvelles suites publiées en 1728 n’ont pas été retenus, mais en a gardé de quoi faire montre de toutes les facettes de son jeu bien assuré, et de quoi partager avec le public sa grande sensibilité. D’abord avec la Suite en la, où, époustouflants de virtuosité, Les trois mains et Gavotte avec les doubles réussissent à réduire au silence la légion des tousseurs et catarrheux qui se manifestait depuis le début du concert, marqué pourtant par une grâce et une élégance remarquablement rendues dans les mouvements de danses. De la Suite en sol, ont été retenus surtout les morceaux les plus spectaculaires (La Poule, L’Égyptienne) ou les plus célèbres (Les Sauvages, réutilisé dans les Indes galantes, et L’Enharmonique). Nul doute après avoir entendu cela sous les doigts déjà experts de Jean Rondeau que fût le plus grand compositeur pour clavecin de son siècle.

Du côté de Royer, seuls quatre morceaux ont été choisis, et c’est un peu dommage car leur beauté et leur inventivité ne laissent aucun doute sur le fait qu’il y avait matière à prolonger le plaisir. Plaisir causé notamment par la grâce extrême de Zaïde, où les mains déroulent chacune sa mélodie, ne se retrouvant que sur l’unique accord final, et par la sombre et dense Marche des Scythes, un long et beau rondeau proprement vertigineux.

Jean Rondeau confirme ainsi qu’il est un claveciniste de premier plan, par un programme court mais de toute beauté, un peu terni toutefois par une avalanche de bis qui finit par perdre l’auditeur dans des territoires par trop distants (Froberger, puis une série de duos avec au luth en une association sonore pas toujours convaincante, et enfin l’immense chaconne transcrite de la partita pour violon en ré mineur de Bach, qui, aussi déplacée fût-elle, a le mérite de mettre fin aux débats).

Crédits photographiques : Jean Rondeau © Édouard Bressy

Banniere-clefsResMu728-90

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.