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Magnifique et émouvant dernier concert de Claudio Abbado avec la Philharmonie de Berlin

À emporter, CD, Musique symphonique

Dernier concert de Claudio Abbado à Berlin: Extraits du Songe d’une nuit d’été de Felix Mendelssohn, Symphonie Fantastique de Berlioz. Deborah York (soprano), Stella Doufexis (mezzo-soprano), Femmes du choeur de la radio bavaroise, Orchestre philharmonique de Berlin . 2 CD et 1 DVD Blueray BPHR 160081. Enregistré les 18, 19 et 21 mai 2013 à la philharmonie de Berlin. Notice de présentation en anglais et allemand. Durée : 1 heures 37’ (107’ pour le DVD plus 75’ de bonus)

 

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abbado_frei_2

ICMA - Official Logo WINNERMagnifique par son programme et la fabuleuse concentration des berlinois sous la baguette de leur ancien chef, ce luxueux album, superbement documenté, vaut aussi par la vidéo de ce concert, hommage magistral au maestro et à ses solistes. Il soulève aussi une question: et si Abbado n’était pas en définitive à son meilleur comme chef invité plutôt que comme titulaire?

Le dernier concert de avec l’ à la tête de laquelle son mandat (1990-2002) s’était déjà achevé depuis plus de dix ans, s’avère à tous égards magnifique. Par son programme d’abord, peu enregistré jusque là par le chef italien : de larges extraits (pas l’intégrale, hélas) du Songe d’une nuit d’été et la Symphonie fantastique. Par l’étonnante symbiose entre Abbado tel qu’il était devenu après avoir échappé à la mort et un orchestre qui lui répond avec une intensité d’attention et un véritable amour palpables surtout sur l’image (les deux CD sont doublés d’un DVD Blue-Ray qui apporte un plus considérable), Mendelssohn fascine par son extraordinaire articulation, cordes vif-argent et bois portés par la grâce (la caméra permet d’admirer les interventions proprement magiques d’). Et la Fantastique de cet immense mahlérien que fut Abbado enchante par un romantisme engagé mais toujours élégant et aussi capable des déchaînements formidables de puissance des deux derniers mouvements ; là encore la caméra nous régale des solos de Wenzel Fuchs, clarinettiste auquel échoit la célèbre « idée fixe » comme de l’attention permanente du premier violon solo, Guy Braunstein. Et la concentration sans un sourire d’Abbado, littéralement captivé par les œuvres, impressionne l’auditeur.

Incontestablement, ce témoignage de premier plan enrichit notre connaissance de l’art du maestro. On sera plus réservé sur les documentaires hagiographiques qui relatent son élection et son arrivée à Berlin : désagréables règlements de compte posthumes de certains musiciens envers Karajan, enthousiasme forcé, et…l’aveu que les répétitions d’Abbado se passaient dans une pagaille joyeuse. Reste une question essentielle : le meilleur d’Abbado n’est-il pas ce qu’il a justement donné après son départ de Berlin, forgeant avec l’orchestre de Lucerne son véritable instrument, et revenant comme invité à Berlin ? Quoiqu’on puisse en penser, la vénérable philharmonie reste identifiée malgré les ans à Furtwängler et Karajan, plus qu’à Abbado. Cette constatation s’impose alors que, de façon inattendue, les berlinois ont élu un chef encore peu familier du répertoire symphonique à leur tête ; le regard rétrospectif porté sur les années Abbado invite surtout à la circonspection…

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