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Poulenc, Fauré, Komitas sous l’archet d’Astrig Siranossian

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate pour violoncelle et piano FP 143. Gabriel Fauré (1845-1924) : Élégie op. 24 ; Papillon op. 77 ; Romance op. 69 ; Sicilienne op. 78; Sérénade op. 98. Komitas (1869-1935) : mélodies . Astrig Siranossian, violoncelle ; Théo Fouchenneret, piano. 1 CD Claves records. Enregistré à Genève en septembre 2015. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 63’15.

 

7619931160429_CD_1604_HR_RVB_grandePour leur premier disque, la violoncelliste et le pianiste Théo Fouchenneret proposent un programme franco-arménien autour de Poulenc, Fauré et . Une jolie réussite.

De la Sonate pour violoncelle et piano de Poulenc, parfois mal comprise, c’est souvent la Cavatine, touchante et élégiaque que l’on retient. Ici aussi, les deux interprètes y font preuve d’une grande expressivité. Cependant, les autres mouvements sont tout aussi intéressants. souligne, dans le livret, « l’écriture fantasque, colorée, décousue et pleine de sauts d’humeur [qui] rappelle l’atmosphère des Calligramme d’Appollinaire (…) que Poulenc admirait énormément », oscillant entre émotion, ironie et joie festive. Cette version se démarque des autres (celle de Pierre Fournier, dédicataire de l’œuvre, en premier lieu) par une vision élégiaque et romantique : de beaux phrasés, le son sans aspérité du violoncelle, des attaques souples. Ce jeu est parfois un peu systématique (on regrette, par exemple un manque de légèreté ironique dans l’étrange Ballabile), quoique contenu dans une expressivité bien dosée. Il convient tout à fait aux pièces de Fauré, dont ressortent la célèbre Sicilienne, les Papillons, tous deux très délicats et chantants, ainsi que l’Élégie, dont ils donnent une version nouvelle, lente et recueillie, mais qui permet moins de rendre l’emportement du passage central.

Enfin, le duo propose une dizaine d’airs de , figure de l’Arménie, prêtre, compositeur et ethnomusicologue, entendu notamment l’année dernière à Bagatelle, et qui a transcrit et harmonisé des chants populaires traditionnels, précédant ainsi l’œuvre de Bartók ou Janáček. Cette version donne à ces airs une dimension universelle, beaucoup plus intéressante que les arrangements sucrés et conventionnels de l’époque soviétique, mais moins colorée que les versions sur instruments traditionnels, enregistrés par exemple par Jordi Savall. De ces pièces un peu mélancoliques, ressortent deux airs, festifs et légers : Hoy Nazan et Shaghker, Shughker.

Ce premier enregistrement donne une nouvelle visibilité à deux jeunes artistes, remarqués sur scène : Astrig Sirannossian, d’origine arménienne, a étudié a Lyon et en Suisse, en particulier dans la classe d’Ivan Monighetti. Théo Fouchenneret a étudié à Nice et Paris, avant, notamment, de cofonder l’ensemble Messiaen. Ils livrent ici un choix d’œuvres intelligent et personnel, servi par une interprétation de qualité et une belle maîtrise.

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