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Brahms, Rott et Bruckner sous la baguette de Simon Rattle

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 20-IV-2016. Johannes Brahms (1833-1897), Ouverture tragique op. 81 ; Hans Rott (1858-1884), Scherzo, extrait de la Symphonie n°1 ; Anton Bruckner (1824-1896), symphonie n°6 en la majeur. Orchestra of the Age of Enlightenment, direction : Sir Simon Rattle.

cc77ee08e6L’Orchestre of the Age of Enlightenment (Orchestre de l’Age des Lumières) a choisi pour ce programme dirigé par Sir trois œuvres composées au même moment, autour de 1880. Un rapprochement intelligent et passionnant.

Au moment de la composition des trois œuvres, vers 1880, le monde musical viennois se déchire entre les tenants de Wagner, dont Bruckner, et les autres, menés par Brahms et Hanslick. eut lui une vie trop éphémère pour participer pleinement à la querelle : il est mort à l’âge de 26 ans, atteint de graves troubles psychiatriques.
Dès les premiers accords de l’Ouverture tragique de Brahms, l’auditeur est pris par la beauté sonore de l’orchestre. Deux coups de semonce, un tutti magnifique en ouverture d’un concert passionnant de bout en bout. On note la belle disposition de l’orchestre avec inversion de la place des timbales et des contrebasses. Celles-ci, au nombre de sept, sont au fond et dominent tout l’orchestre.
Bien moins connue, l’œuvre de retient l’attention par un mélange très curieux de thèmes dansants, presque grinçants et de moments intenses et très sombres, avec une oscillation entre une musique qui peut parfois évoquer celle d’un cirque et des sonorités et accents très nouveaux pour l’époque. avait été le condisciple de Mahler qui qualifiera sa perte d’ »inestimable », tant son génie « s’envolait haut », dès cette première symphonie dont est donné ce soir l’étrange et beau Scherzo. le porte à l’incandescence, en parvenant à unifier les pulsions contradictoires qui sous-tendent la musique.
Incandescence aussi pour la symphonie de Bruckner, tendue de bout en bout avec notamment un superbe Adagio qui s’interrompt dans un silence qui en dit long sur la tension et l’écoute de la salle.
On aura toutefois noté tout au long de la soirée quelques problèmes d’intonation du côté des bois et des cuivres. Très sollicités et exposés il faut bien le dire dans les trois œuvres. Ne faudrait-il pas aussi parfois doser l’intensité sonore des fortissimi en fonction de la salle où l’on joue ? Quelques rares attaques ont semblé un peu brutales et le niveau sonore excessif. Mais ce ne sont que regrets mineurs qui n’entachent en rien la qualité de cette très belle soirée de musique symphonique.

Crédit photographique : Sir Simon Rattle (c) Jim Rakete

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