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A Cologne Adriana Bastidas-Gamboa brille dans La Cenerentola

La Scène, Opéra, Opéras

Cologne. Staatenhaus. 24-IV-2016. Gioachino Rossini (1792-1868) : La Cenerentola, drama giocoso en deux actes sur un livret de Jacopo Ferreti d’après Cendrillon de Charles Perrault. Mise en espace : Eike Ecker. Avec : Adriana Bastidas-Gamboa, Cenerentola ; Enea Scala, Don Ramiro ; Carlo Lepore, Don Magnifico ; Andrei Bondarenko, Dandini ; Dogmin Lee, Clorinda ; Judith Thielsen, Tisbe ; Bjarni Thor Kristinsson, Alidoro. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Andrew Ollivant). Gürzenich-Orchester Köln. Direction musicale : Alexander Soddy.

_MG_5664Annoncée en forme de concert, cette Cenerentola, savamment mise en espace, révèle la formidable Angelina d’.

Prévue pour novembre 2015, la réouverture de l’opéra de Cologne n’a pas pu se faire. Les travaux perdurent, et on parle désormais de fin 2017, voire 2018. La programmation, du coup, a dû être revue, plusieurs reprises ayant été remplacées par des opéras en concert. Pas de Billy Budd donc, ni d’Orfeo ed Euridice, mais cinq représentations de la Cendrillon rossinienne finalement moins concertantes qu’annoncé. Mise en espace avec beaucoup de fantaisie par Eike Ecker, cette Cenerentola ne fait guère regretter l’absence d’une véritable mise en scène, même si certains chanteurs ne se séparent pas de leur partition.

Musicalement, la réussite est au rendez-vous. Jeune chef d’origine anglaise, s’avère bien à l’aise dans l’univers rossinien. Sa lecture fait preuve de verve et d’esprit, même si le Gürzenich-Orchester (en petite forme ce soir-là) et le chœur d’hommes (assez flegmatique) ont parfois du mal à suivre ses tempi allants. Prévu dans le rôle-titre de Billy Budd, chante ici son premier Rossini. Un rien surpassé par les passages les plus virtuoses, il tire son épingle du jeu grâce à la beauté de son timbre à la couleur tout à fait italienne campant, par ailleurs, un Dandini vaniteux comme il faut. À la voix plus lourde encore, allège au maximum son émission pour venir à bout des vocalises de l’air d’Alidoro. , lui aussi, n’a pas une voix typiquement rossinienne. Puissant, au médium étonnamment large, son ténor ne manque pourtant pas de la flexibilité requise par le rôle de Ramiro. Et si le timbre n’est pas des plus enjôleurs, il nous gratifie de superbes contre-uts dans son grand air. Don Magnifico, enfin, est dans les mains d’un rossinien émérite, . Voix sonore, à l’aise sur toute la tessiture, émission facile et sens du mot, il déclasse les chanteurs en fin de carrière souvent distribués dans ce rôle.

Côté femmes, saluons d’abord la prestation sans faute de et , belles-sœurs caricaturales à souhait, mais bien chantantes, pour parler plus en détail de la superbe Angelina d’. Fidèle troupière depuis plusieurs années, distribuée trop souvent dans des emplois secondaires, elle s’avère une excellente interprète du rôle-titre. Véritable voix de mezzo, ronde et chaude, registres bien soudés, virtuosité sans failles, la mezzo colombienne incarne un personnage attachant. Elle nous fait pleurer au milieu de ses cendres pour enfin nous éblouir dans un rondo final scintillant, un dernier Si aigu un peu crispé ne gâchant rien à cette épreuve merveilleuse, saluée par les ovations d’un public malheureusement peu nombreux.

Crédits photographiques : © Klaus Lefebvre

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