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Giselle à l’Opéra de Paris : à contretemps

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Palais Garnier. 28-V-2016. Giselle, ballet en deux actes, d’après le livret de Théophile Gautier et de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges. Musique : Adolphe Adam (1803-1856). Chorégraphie : Jean Coralli et Jules Perrot, adaptation par Patrice Bart et Eugène Polyakov. Décors et costumes : Alexandre Benois. Avec : Amandine Albisson, Giselle; Stéphane Bullion, Albrecht; Vincent Chaillet, Hilarion; Valentine Colasante, Myrta; François Alu, Charline Giezendanner, pas de deux des paysans ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre des lauréats du conservatoire, direction musicale : Koen Kessels.

Giselle ONP mai 2016Que cette reprise de Giselle semble bien incongrue, perdue entre la transition de direction du Ballet de l’Opéra et la caste des Etoiles en perte de vitesse !

Annoncée souffrante, Myriam Ould-Braham, qui devait assurer la première distribution en compagnie de Mathieu Ganio, rate à nouveau le coche du répertoire romantique, puisqu’elle n’avait pas pu danser la Sylphide à la dernière reprise : espérons qu’elle sera rétablie pour la suite des représentations.

C’est donc , qui devait danser quelques jours plus tard, qui la remplace. C’est désormais une danseuse qui s’empare de tous les rôles du répertoire, tout en essayant d’imprégner de sa personnalité un rôle qui ne manque guère d’illustres comparaisons. L’impression reste très mitigée : certains auront apprécié le premier acte, d’autres le second, mais jamais elle n’emportera une complète adhésion. La première partie reste la plus convaincante : techniquement juste, elle est assez touchante dans la sincérité naïve de la paysanne sans être trop mièvre. Toutefois, elle ne parviendra jamais à rendre vraiment toute l’irréalité de l’évanescence de la Willis, bien qu’elle ne commette aucune erreur dramatique. C’est juste dommage qu’elle n’ait pas maintenu l’impression rendue dans la Sylphide avec ce style si romantique qui la faisait ressembler à Aurélie Dupont. Sans compter qu’ici, le buste très droit, les arabesques trop hautes, le hiératisme insolent sont peu compatibles avec les gravures de la danseuse du XIXème siècle que l’on a à l’esprit.

Elle n’est pas aidée par un très peu inspiré. Il sait voyager sur scène au début du ballet, mais s’essouffle bien vite donnant une bien piètre image de lui au deuxième acte, avec une coda bien décevante. fait du mieux qu’elle peut. Les menés sont joliment faits, mais ne suffisent pas à affirmer l’autorité de la Reine des Willis : elle danse assez petit, avec des sauts d’une hauteur très sage, et l’on attend plus de ce que feront les deux Willis (Héloïse Bourdon et Fanny Gorse) dans le même rôle pour se persuader que les forces vives de l’Opéra se situent dans le Corps de Ballet.

Enfin, le pas de deux des paysans où, comme à son habitude, le rutilant brûle les planches tant son élévation paraît naturelle, sa maîtrise de la technique faisant paraître bien fades toutes les interventions des autres danseurs masculins. Il est accompagné de la bien agréable , aux tours planés et à l’élégance simple. Le corps de ballet présente une danse de qualité suscitant une joie galvanisante au premier acte et assez bien tenu dans les êtres fantomatiques du second.

L’orchestre des lauréats du conservatoire (sic) essaye d’accompagner au mieux les évolutions des danseurs, menés avec un certain amour et beaucoup d’entrain par .

Décidément, il est des saisons qui réservent bien des surprises.

Crédits photographiques : , © Svetlana Loboff/ Opéra National de Paris

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