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I due Foscari avec Plácido Domingo en DVD

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : I due Foscari, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après la pièce de Lord Byron The Two Foscari. Mise en scène : Thaddeus Strassberger. Décors : Kevin Knight. Costumes : Mattie Ullrich. Lumières : Bruno Poet. Avec : Plácido Domingo, Francesco Foscari ; Francesco Meli, Jacopo Foscari ; Maria Agresta, Lucrezia Contarini ; Maurizio Muraro, Jacopo Loredano ; Samuel Sakker, Barbarigo. Royal Opera Chorus (chef de chœur : Renato Balsadonna). Orchestra of the Royal Opera House, direction : Antonio Pappano. Réalisation : Jonathan Haswell. Enregistré en direct le 24 octobre 2014 au Royal Opera House, Covent Garden. Sous-titrage en italien, anglais, français, allemand, japonais et coréen. Notice en anglais, français et allemand. Format image : NTSC. Format son : LPCM 2.0 et Digital Surround. 1 DVD. Opus Arte. OA 1207 D. Durée totale : 122’ (opéra) + 10’ (bonus).

 

FoscariLuxueusement distribué, cet opéra de jeunesse de Verdi n’en est pas moins un des plus faibles du grand compositeur italien. L’indéniable beauté plastique des tableaux peine décidément à donner vie à un spectacle desservi à la fois par la médiocrité du livret et par une musique qui, à ce stade de la carrière de Verdi, n’en finit pas de se chercher.

Importé de Los Angeles où il fut créé en 2012, le spectacle filmé il y a deux ans au Covent Garden de Londres a, de toute évidence, été conçu pour permettre à de se mesurer à un nouveau rôle de baryton. Même si les éléments de comparaison manquent quelque peu pour évaluer la performance de ce grand artiste, l’organe vocal reste essentiellement celui d’un ténor dramatique dont on peut, certes, encore admirer le beau matériau. Si l’on peut saluer la performance musicale ou la longévité vocale de Domingo, sans compter son indéniable investissement expressif et théâtral, à aucun moment on n’a l’impression d’entendre le grand « baryton-Verdi » que l’on est en droit d’attendre dans une partition comme celle-ci.

Ses partenaires sont vocalement plus adéquats, même si le vaillant et fiable manque quelque peu de subtilité en Jacopo, personnage qui demande davantage de style pour un ouvrage relevant d’une telle esthétique. , belcantiste confirmée, est sans doute le plus gros atout de cette distribution globalement de belle tenue. Joies et beautés de la part de l’orchestre, également, sous la baguette experte d’un qui défend avec conviction une partition aux belles promesses mais encore très imparfaite.

La mise en scène de peine à donner vie à une trame dramatique quasiment inexistante et à un livret d’une rare faiblesse, même si elle a recours à tous les artifices d’usage pour tenter de meubler le plateau : défilés, processions, mouvements de foule, usage de la vidéo, etc. Surprise de taille, la tentative de Lucrezia d’étouffer un des jeunes enfants du couple qui vient conclure un spectacle d’une rare noirceur. Les décors, visiblement inspirés des gravures carcérales de Piranèse, constituent finalement le seul intérêt visuel de ce spectacle, rehaussé de surcroît par de superbes éclairages. De gros moyens, en somme, pour une œuvre d’un intérêt historique certain, mais qui ne saurait en rien constituer un grand chef d’œuvre du répertoire lyrique à redécouvrir.

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