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Les trois opéras de Rachmaninov sublimés par Mikhail Tatarnikov

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Rachmaninov Troika. Serguei Rachmaninov (1873 -1943) : Aleko ; Le Chevalier avare ; Francesca da Rimini. Mise en scène : Kirsten Dehlholm. Décors : Maja Ziske. Costumes : Manon Kündig. Lumières : Jesper Kongshaus. Avec : solistes, Orchestre symphonique et Chœurs (chef de chœur Martino Lada) de la Monnaie, dir. Mikhail Tatarnikov. Avec : solistes, Orchestre symphonique et Chœurs (chef de chœur : Martino Lada) de la Monnaie, dir. Mikhail Tatarnikov. Réalisation : Christian Leblé. Filmés au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, juin 2015. 1 DVD Bel Air. 185 minutes.

 

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En DVD, Aleko, Le Chevalier avare et Francesca da Rimini, réunis en une soirée à La Monnaie en juin 2015, dirigés par et mis en scène par Kirsten Dehlholm.

La célébrité de repose principalement sur ses quatre concertos néoromantiques pour piano, ses poèmes symphoniques inspirés (L’Île aux morts…), le souvenir d’un pianiste virtuose flamboyant, un destin troublé par les événements politiques qui bouleversèrent son existence.

Ce serait lui rendre justice que d’évoquer sa production lyrique, certes relativement modeste quantitativement mais fort intéressante et de haut rang. Aleko, bref opéra en un acte élaboré en moins d’un moins afin de décrocher son diplôme de fin d’études au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1892 (il n’a pas encore 20 ans !) lance brillamment sa carrière de compositeur. Le visionnage rappelle quelques points saillants de son travail – que l’on retrouvera ultérieurement dans ses deux productions à venir – à savoir un constant raffinement de l’écriture orchestrale, puissante et passionnée, soulignant habilement le texte, le chant et un traitement efficace des voix. On a pu lui reprocher, à juste titre, une certaine faiblesse dans le déroulement dramatique, parfois décousu et certaines influences palpables, mais honorables, venant principalement de Bizet et Tchaïkovski. En 1905, il livre Le Chevalier avare inspiré par Pouchkine où règne une concision remarquable autour du thème de la richesse et de l’illusion qu’elle procure. Peu après  sa prise de fonction de directeur artistique du Bolchoï de Moscou il écrit Francesca da Rimini, créé à Moscou en 1906, d’après le livret de Modest Tchaïkovski à partir de L’Enfer de Dante, sans doute non exempt de fragilités mais soutenu par  ses rôles vocaux vigoureux et toujours  ce travail orchestral passionnant.

Le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles confie son orchestre et son chœur à un chef russe, (38 ans), tout à fait exceptionnel et parfaitement à l’aise dans ce triptyque trop peu souvent programmé qu’il magnifie. Tatarnikov, fruit du Conservatoire d’Etat Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg, depuis ses débuts fort remarqués dans la Symphonie n° 2 de Prokofiev en 2006 et La Flûte enchantée de Mozart l’année suivante, mène une carrière tout à fait recommandable. Les solistes, tous épatants, les chœurs robustes et impressionnants, les costumes colorés et scintillants pallient au statisme de la mise en scène conventionnelle. Cette dernière permet heureusement une concentration axée sur la musique et les voix… et là réside l’essentiel.

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