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Francis Poulenc : l’amour et la vie d’un homme

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Sabine Bérard : Fiançailles pour rire ; une oeuvre emblématique de Francis Poulenc. Editions Robert Martin, Charnay-lès-Mâcon. 170 p. 2016.

 

G555015116Un ouvrage de plus sur , pourrait-on faire remarquer, s’agissant de cette nouvelle parution sous la plume de , dédiée à un compositeur sur lequel chercheurs et gens de lettres se sont déjà beaucoup penchés.

L’éminente musicologue ne manque pas d’en faire état dans un travail gorgé de citations, références et paroles d’auteurs. Mais ici l’angle d’étude est original, ciblant une oeuvre en particulier – le recueil des six mélodies de Fiançailles pour rire sur les poèmes de Louise de Vilmorin (1939) – emblématique, titre l’auteure, alors que le compositeur ne semblait pas s’en satisfaire, le jugeant « fabriqué ».

Dès lors s’engage la recherche, arguments et réflexions à l’appui, pour dénouer les contradictions et percer plus avant le mystère poulencquien.
Sans jamais perdre le cap – le propos est toujours magistralement conduit – procède par tours et détours, aussi subtils qu’enrichissants, tels ces jeux de miroir opérés entre les personnalités de la poétesse et du musicien. De Louise de Vilmorin elle esquissé un portrait passionnant, déchiffrant entre les lignes de ses vers le récit d’une vie et d’une passion amoureuse : « Mais où est donc l’amour? / Il vole », lit on dans le troisième poème, « une manière pleine d’humour d’exorciser le mal que lui fit Saint-Exupéry », commente . Un feuillet iconographique de toute beauté, s’ouvrant et se refermant sur les photos de Vilmorin et Poulenc, concentre tous les visages qui ont compté dans leur vie, professionnelle comme amoureuse. Défendue bec et ongles par notre musicologue, la partition, qui, on le sait, n’a jamais fait l’unanimité au sein des défenseurs de Poulenc – Pierre Bernac en était jaloux! – révèle sous une analyse minutieuse, les qualités intrinsèques d’un chef d’oeuvre : cohérence du cycle, prosodie « d’une justesse peut-être jamais égalée », piano novateur… Mais de quoi Poulenc se plaignait-il donc? Sans doute de la difficulté à « parler vrai », à exprimer l’indicible, car « sous le récit de Louise », conclut , « se découvre assurément un autre récit qui dit l’homme Poulenc » : celui auquel elle s’attache, avec ferveur et passion.

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