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André Isoir, magicien de l’orgue

andre isoirL’organiste français est décédé ce 20 juillet 2016, le jour de ses 81 ans.

C’est l’un des plus grands noms de l’orgue français de l’après-guerre qui s’en va. Pédagogue, concertiste, découvreur de musiques et d’instruments, avait grandement œuvré pour la renaissance de l’orgue ancien en France.

Né à Saint Dizier le 20 juillet 1935, il avait fait ses études musicales à l’école César Franck où il fut notamment l’élève d’Edouard Souberbielle. Il entra ensuite au Conservatoire National Supérieur où il obtint, à l’unanimité du jury, le premier prix d’orgue et d’improvisation en 1960 dans la classe de Rolande Falcinelli. Il fut ensuite lauréat de plusieurs concours internationaux dont celui de Saint-Albans (Angleterre) où lui fut décerné le premier prix en 1965, puis à Haarlem (Pays-Bas) où il fut vainqueur trois années consécutives (1966, 67 et 68).

André Isoir complétait sa culture musicale par une connaissance approfondie de la facture instrumentale, celle-ci contribuant, selon lui, à une meilleure approche des différents styles tant du point de vue de la technique que de celui de la registration. Il fit partie de ce grand mouvement de renaissance de l’orgue baroque et romantique français de l’après-guerre, aux côtés de Michel Chapuis, René Saorgin, Francis Chapelet et Marie-Claire Alain.

Maître de chapelle et titulaire du grand-orgue à l’église Saint-Médard à Paris de 1952 à 1967, il devint co-titulaire de la tribune de Saint-Séverin de 1967 à 1973. Il est nommé ensuite titulaire du grand-orgue de l’église Saint-Germain-des-Prés, dont il supervisa magistralement la restauration. Il occupait ce poste depuis 1973. Membre de la commission des orgues des Monuments Historiques, André Isoir suivait de très près l’évolution de la facture de son instrument et les travaux de restauration des orgues anciens. Il a progressivement élaboré son style personnel dont on peut mesurer la qualité à l’écoute de sa discographie, dans le Livre de l’Orgue Français (partiellement réédité il y a peu) et son intégrale Bach, qui demeure l’une des plus poétiques et des plus abouties de la discographie.

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Il a enseigné dès 1974 au Conservatoire d’Orsay, puis au CNR de Boulogne-Billancourt de 1983 à 1994. De nombreux élèves d’André Isoir sont maintenant de grands noms de l’orgue. Michel Bouvard et François Espinasse venaient de lui rendre hommage par un CD de transcriptions de Jean-Sébastien Bach réalisées par André Isoir. (La Dolce Volta LDV 26). En 2010, il s’était prêté au jeu de l’entretien biographique avec son ancienne élève Pascale Rouet, pour un ouvrage de référence sur sa vie, son œuvre et sa personnalité.

Il a enregistré une soixantaine de disques, ce qui lui a valu d’obtenir le Grand Prix du Disque en 1972, 73, 74, 75, 77, 80, 89 et 91, ainsi que le prix du « Président de la République » pour Le Livre d’Or de l’Orgue Français. Il s’est vu décerner en février 1974 le prix de composition des Amis de l’Orgue pour ses Variations sur un Psaume Huguenot.

André Isoir laisse le souvenir d’un jubilant magicien de l’orgue, grâce à une touche très personnelle qui permettait de le reconnaître infailliblement, pour le bonheur de tous ceux qui l’approchaient, élèves, confrères ou simples mélomanes.

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