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Hvorostovsky dans tous ses états

À emporter, CD, Opéra

Sergueï Prokofiev (1891-1953) : scène 1 extraite de Guerre et Paix. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : airs et scènes extraits de Mazeppa, Iolanta et La Dame de pique. Anton Rubinstein (1829-1894) : scène finale extraite du Démon. Avec : Dmitri Hvorostovsky, baryton ; Asmik Grigorian, soprano ; Irina Shishkova, mezzo-soprano ; Vadim Volkov, contreténor ; Igor Morozov, ténor ; Mikhail Gizhov, basse. Helikon Opera Chorus. Academic State Symphony Orchestra of Russia « Evgeny Svetlanov », direction : Constantine Orbelian. 1 CD. Delos. Enregistré en octobre 2015. Notice de présentation en anglais. Durée : 53’53.

 

Les Clefs d'Or 2016

DmitriDans un album enregistré suite à son retour triomphal au Met à la rentrée 2015, propose à son public une galerie de portraits de héros d’opéras russes. Guerre, paix, amour et chagrins sont au rendez-vous.

Le public du Met lui avait réservé un accueil triomphal, l’automne dernier, suite à son grand retour dans Il Trovatore aux côtés de sa compatriote Anna Netrebko. Quelques semaines plus tard, enregistrait ce récital de scènes d’opéras russes, confirmant que dans ce répertoire peu pratiqué des grands chanteurs de la planète, le baryton russe reste absolument sans égal. Le programme, d’abord, semble conçu comme un appel aux producteurs de maisons d’opéras. En effet, si Hvorostovsky s’est déjà illustré dans le rôle du Prince André de Guerre et Paix – aucun enregistrement intégral de cette interprétation ne semble, hélas, être apparu sur le marché –, on attend toujours ses prises de rôle dans Mazeppa de Tchaïkovski, ou encore dans le personnage de Tomsky de La Dame de pique ; à ce jour, Hvorostovsky s’est uniquement illustré dans le rôle, plus avantageux vocalement mais moins riche théâtralement, du Prince Eletski. Sans doute serait-il judicieux également d’espérer une nouvelle intégrale du Démon d’ – récente prise de rôle pour Hvorostovsky, mais en version semi-scénique uniquement – même si à en juger par le duo final l’opéra n’est pas sans quelques longueurs. Si certains airs figurant sur ce disque ont déjà été enregistrés par le grand baryton russe – Mazeppa, Iolanta –, c’est évidemment avec plaisir qu’on retrouve intact ce timbre de miel, ce legato légendaire et ce contrôle du souffle avoisinant la perfection, alliés à une expressivité et un pouvoir d’émotion encore accrus. Au côté du beau baryton on découvrira la fine fleur du chant russe actuel, notamment la soprano Hasmik Grigorian, fille du ténor Gegam Grigorian récemment disparu. Toujours aux petits soins pour son comparse, le chef d’orchestre assure à ces scènes finement choisies le tapis sonore qui leur convient. Superbes prestations de l’Academic State Symphony Orchestra of Russia « Evgeny Svetlanov » ainsi que du Helikon Opera Chorus. La Russie, décidément, a de plus en plus sa carte à jouer dans le paysage lyrique international.

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