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Une Tétralogie de poche par la compagnie du Piano Ambulant

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Wagner/Ensemble le Piano Ambulant : Comment Siegfried tua le dragon et caetera d’après Wagner, une tétralogie de poche. Extraits de l’Or du Rhin, de la Walkyrie, de Siegfried et du Crépuscule des Dieux; conception, transcription et écriture, compagnie Le Piano Ambulant. Jessica Pognant, récitante; Sylvie Dauter, piano, orgue indien, harmonium, synthétiseur, mélodica, appeaux; Christine Comtet, flûte, flûte en sol, piccolo, synthétiseur, mélodica, appeaux, enclume, toms basse, voix de Loge et de Brünnhilde; François Salès, hautbois, cor anglais, mélodica, appeaux, grenouille, enclume, voix des géants et de Siegfried; Antoinette Lecampion, violon, alto, orgue indien, appeaux, enclume; Joël Schatzman, violoncelle, appeaux, voix d’Alberich et de Gunther; Charlie Adamopoulos, basse électrique, voix de Wotan et de Hagen; et la participation d’Ambroise Sales pour la voix de l’oiseau. CD Paraty 185144; code barre 3 760213650412; enregistré en octobre 2015 à l’auditorium du Trente à Vienne. Textes français/anglais. 52′.

 

commentsiegfriedcouvertureLes belles longueurs de l’Anneau des Nibelungen de (15h de musique!) ne laissent d’inquiéter l’auditeur, tout comme celles de la « mélodie infinie ». Aussi a-t-on déjà cherché plusieurs fois à raccourcir l’ouvrage : en 1990, avec la production de Graham Vick et Jonathan Dove et plus récemment (2011) avec Ring Saga d’Antoine Gindt et Peter Rundel, ramenant le prologue et les trois journées à 9 heures de spectacle, avec 15 chanteurs (au lieu de trente) et 18 instruments.

Ils ne sont plus que six musiciens et une récitante, dans la version du Piano Ambulant, pour nous raconter en 52 minutes le fabuleux destin de l’Anneau selon : sans costumes ni décors, sans même la voix chantée… il est vrai que c’est à travers l’orchestre que le compositeur a envisagé toute la dramaturgie!

Fondé en 2001, est un collectif de musiciens lyonnais réunis pour jouer la musique classique « ailleurs et autrement ». Dans cette Tétralogie de poche, ils ont tout fait par eux-mêmes, la conception, le texte, la transcription et la réécriture puisque la partition ne respecte pas les timbres originaux : plus de cor pour Siegfried mais un cor anglais et des appeaux pour la scène de la forêt. Le synthétiseur, la basse électrique, l’orgue indien (un instrument portatif qui dispose d’un soufflet actionné à la main), l’harmonium et d’autres timbres suggestifs (les enclumes pour les nains) servent habilement le récit, multiplient parfois les décibels et noircissent très efficacement le paysage sonore (pour les géants, le dragon, la mort de Siegfried…) : « Nos guides dans nos transcriptions restent toujours la signification expressive, l’inventivité dans les timbres, l’étonnement de l’auditeur et, en fin de compte, la liberté » soulignent-ils. De fait, l’ingéniosité des alliages sonores convoquant les sons de synthèse crée bien souvent la surprise et donne parfois l’illusion d’un grand ensemble, comme dans la chevauchée des Walkyries, très jubilatoire, entendue dans la troisième journée. A la voix de la récitante – beau grain de – s’ajoute celle des autres personnages dont le traitement électronique plutôt amusant donne à l’histoire drastiquement épurée tout son pittoresque. Le texte est donné in extenso dans la plaquette du CD augmentée des illustrations en clair-obscur de Virginie Keaton : une formidable histoire pour petits et grands!

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