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D’heureuses et inattendues surprises chez Stravinsky et Desyatnikov

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Igor Stravinsky (1882-1971) : Suite pour violon et piano « d’après des thèmes, fragments et pièces de Giovanni Pergolèse » ; Divertimento du ballet Le Baiser de la fée ; Pyotr Tchaikovsky (1840-1893) ; Souvenir d’un lieu cher, op. 42 ; Leonid Desyatnikov (né en 1955) : Wie der Alte Leiermann, pour violon et piano. Aylen Pritchin, violon ; Lukas Geniušas, piano. 1 CD Melodya MEL CD 10 02442. Enregistré en 2016. Notice bilingue : russe et anglais. Durée : 71’21

 

61n0iz3vxnl-_sl1500_Cet enregistrement piloté par deux jeunes virtuoses,  le violoniste et le pianiste , nés respectivement à Leningrad et Moscou, en 1987 et 1990, nous a réservé quatre surprises de taille.

Le premier étonnement a été de constater que leur curriculum vitae n’exagérait en rien leurs nobles capacités d’interprètes, tant au plan purement technique qu’à celui de leur phénoménale compétence interprétative. Le second choc se rapporte au choix de Wie der Alte Leiermann (Comme le vieil orgue de barbarie) du compositeur russe né à Kharkov (Ukraine) en 1955, connu là-bas d’abord comme compositeur de musique de film puis comme auteur d’un opéra Les Enfants de Rosenthal qui souleva d’intenses réactions en 2005 et ensuite en tant que directeur musical du Bolchoï entre 2005 et 2011. C’est avec cette participation pour violon et piano que débuta sa collaboration avec Gidon Kremer en 1996. L’écoute de Wie der Alte Leiermann génère et imprègne  une sensation tout à fait particulière, très forte et totalement captivante. Le compositeur définit sa musique comme une « émancipation de la consonance, une transformation de la banalité et un « minimalisme » à face humaine » ou encore « une bagatelle tragiquement légère ». Une expérience à risque sans repère donc. Le troisième intérêt revient à l’interprétation de deux partitions d’ (1925 et 1934) qui, nous l’avouons, ont éveillé notre curiosité  et notre intérêt pour le grand compositeur souvent décrié pour moult raisons mais dont le rendu dans notre cas, modifie de fond en comble certains a priori que l’on admet non irréversibles à l’écoute de ces deux pièces hautement inspirées. Enfin, il convient d’indiquer la belle exécution de Souvenir d’un lieu cher op. 42 (1879) de Tchaïkovski, preuve de la capacité d’Aylin Pritchin et à adapter leur art aux esthétiques rencontrées.

Une surprise aussi rare qu’inattendue !

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