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Crystal Pite dynamite la rentrée du Ballet de l’Opéra de Paris

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Danse. 26/IX/16. Paris, Opéra Garnier. Ballet de l’Opéra de Paris / Tino Seghal, Justin Peck, Crystal Pite, William Forsythe. In Creases. Chorégraphie et costumes : Justin Peck (2012). Musique : Philip Glass, Four Movements for two pianos. Piano : Elena Bonnay, Vessela Pelovska. Lumières : Mark Stanley. The Seasons Canon. Chorégraphie : Crystal Pite (création mondiale). Musique : Max Richter, Recomposed : Antonio Vivaldi The Four Seasons. Décors : Jay Gower Taylor. Costumes : Nancy Bryant. Lumières : Tom Visser. Blake Works I. Chorégraphie, scénographie, costumes, lumières : William Forsythe (2016). Musique : James Blake. (Sans Titre) (2016) Chorégraphie : Tino Sehgal (création mondiale). Musique : Art Benjamin Meyer. Avec les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris.

Invitée pour la première fois à Garnier, la chorégraphe canadienne fait sensation avec The Season’s Canon, une création pour la rentrée du Ballet de l’Opéra de Paris. Époustouflante, la compagnie confirme l’adage de en s’y révélant la meilleure compagnie de danse contemporaine du monde.

Un ballet organique. C’est la vision tellurique et primitive d’une tribu d’hommes et de femmes que l’on retiendra de The Seasons’ Canon, le ballet de créé pour la compagnie parisienne. Avec ce spectacle de 35 minutes, la chorégraphe canadienne fait une entrée fracassante dans le Panthéon des chorégraphes contemporains capables de mettre en mouvement des compagnies pléthoriques. Cinquante quatre danseurs, en pantalon de treillis et torse nu (ou quasi pour les femmes), le cou tatoué d’une étrange minerve verte, font corps, liés les uns aux autres, dans un rituel qui semble venir des temps les plus anciens.

La scénographie lumineuse de Tom Visser créée en fond de scène des images fantastiques, croisement entre aurores boréales et champs magnétiques, qui renforcent la dimension cosmique de la chorégraphie. Puissante et chorale, celle-ci s’appuie sur la forte cohésion des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, dont quelques solistes charismatiques et solaires, comme , , ou font office de chamanes. Un splendide ballet applaudi debout par un public à la fois bluffé et bouleversé par cette démonstration de force.

En comparaison, la reprise du ballet Blake Works I de , créé en juillet dernier pour le Ballet de l’Opéra de Paris, paraissait bien fade. Deux duos magnifiques, un ballet de garçons explosifs, une compagnie très à l’aise dans ce qui s’apparente à une « battle » de danse classique, mais toujours cette musique sentimentale et collante de James Blake qui oblitère la créativité formelle de la chorégraphie, voire sa modernité. Emmenée par une très en verve, le Ballet de l’Opéra de Paris semble pourtant fortement s’amuser dans ce répertoire.

, lui aussi, aura repris In Creases, sa courte pièce transmise à la compagnie en mars 2016. Figures géométriques en gris et noir, sur fond de deux pianos pour une partition de . Un joli exercice de style, un peu vain, à l’instar d’une « étude » sur laquelle tous les musiciens font leurs armes.

Enfin, comme en miroir du défilé du Ballet, qui ouvrait avec faste et grandeur les premières représentations de cette série, le plasticien Tino Sehgal a proposé avec (Sans Titre) (2016) une installation grandeur nature, réalisée avec et pour les danseurs (et les techniciens) de l’Opéra de Paris. Lumières, cintres, pendrillons, rideaux de scène et même le rideau de fer qui occulte habituellement le Grand Foyer de la danse, étaient convoqués comme figurants dans ce ballet mécanique, se poursuivant dans la salle avec des interprètes disséminés entre les rangées de spectateurs. C’est certain, Tino Sehgal sait surprendre, en créant une complicité et une proximité inédite entre les danseurs et leur public.

Sur le même principe, une heure avant le début du spectacle, quatre œuvres vivantes de l’artiste étaient proposées aux spectateurs déambulant dans les espaces publics. Du Vestibule à la Rotonde du glacier, en passant par le Foyer, ceux-ci pouvaient s’exclamer « This is so contemporary ! » (c’est si contemporain !) en écho aux cris des ouvreurs accueillant le public dès son entrée dans le théâtre.

Photos : © Julien Benhamou / Opéra national de Paris

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