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La jeunesse retrouvée de Lucinda Childs au CND

Danse , Expositions, La Scène

Danse. 30/IX/16. Pantin, Centre National de la Danse. Dans le cadre du Festival d’Automne. Lucinda Childs : Early Works (programme A). Pastime (1963), Carnation (1964), Museum Piece (1965). Chorégraphie : Lucinda Childs. Lumières : Eric Wurtz. Interprétation : Ruth Childs. Description (of a description) (2000). Chorégraphie et interprétation : Lucinda Childs. Texte : Susan Sontag. Musique, scénographie et création lumière : Hans Peter Kuhn. Recréation lumière : Eric Wurtz.

Danse. 25/IX/2016. Pantin, Centre National de la Danse. Dans le cadre du Festival d’Automne. Lucinda Childs : Radial Courses & Dance 2. Radial Courses (1976). Chorégraphie : Lucinda Childs. Costumes : Carlos Soto. Interprétation : danseuses de la Lucinda Childs Company. Dance 2 (1979). Chorégraphie : Lucinda Childs. Costumes : Carlos Soto. Interprétation : Anne Lewis et Caitlin Scranton.

Exposition. Jusqu’au 17/XII/2016. Pantin, Centre National de la Danse et Galerie Thaddaeus Ropac. Dans le cadre du Festival d’Automne. Lucinda Childs, Nothing Personal, 1963-1989. Commissariat : Lou Forster. Scénographie : David Dubois.

Dans le cadre du portrait qui lui est consacré par le Festival d’Automne, la genèse de l’œuvre chorégraphique et ses liens avec les artistes américains sont à voir sur scène et dans une exposition au Centre National de la Danse et à la galerie Thaddeus Ropac à Pantin.

Tout commence en 1963. Elève de Hanya Holm et , rejoint le groupe de la Judson Memorial Church, église méthodiste située au sud de Washington Square, en plein Greenwich Village. A ses côtés, , ou Robert Morris expérimentent au quotidien de nouvelles formes spectaculaires. En trois ans, la jeune créera 12 pièces courtes, essentiellement performatives et conceptuelles. La chorégraphe y témoigne déjà d’un esprit abstrait, rigoureux et ultra-précis qui irriguera les pièces dansées de la décennie suivante.

De Pastime, pièce étonnante de simplicité et d’ironie, à Carnation, dont le regard caustique sur la féminité fait penser à Park de , en passant par Museum Piece, une conférence-performance qui prend pour objet Le Cirque du pointilliste Georges Seurat, les Early Works renvoient à une époque militante de l’art, où féminisme, déconstruction et ready-made se juxtaposaient dans une revendication joyeuse. Plus récente, mais non moins marquante, Description (of a description) s’inscrit à la suite de la collaboration au long cours avec . La chorégraphe s’y met en scène dans un long monologue signé Susan Sontag, description d’une scène banale émaillée de phrases définitives telles « A Im so predictable ? » ou « Is it true, that we were happy once ? », évoquant le stream of consciousness cher à Virginia Woolf. La présence magnétique de la danseuse devenue actrice, longue forme noire aux cheveux d’argent, comme suspendue sur une plateforme subjugue durablement.

Les archives de Lucinda Childs dévoilées

Ces pièces de jeunesse (Early Works) sont exceptionnellement présentées au Centre National de la Danse et au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, dans le cadre du portrait que le Festival d’Automne consacre à le chorégraphe. « There is nothing personnal going on here », l’une des phrases prononcées dans Museum Piece donne par ailleurs son titre à l’exposition accueillie jusqu’en décembre dans les espaces publics. Construite à partir d’un exceptionnel fonds d’archives, elle permet de comprendre, croquis et esquisses à l’appui, la construction mathématique et millimétrée des pièces les plus emblématiques de la chorégraphe.
Les années de la sont retracées au travers des affiches, programmes et photographies, dont certaines réalisées par les artistes avec lesquels elle a collaboré, comme Sol LeWitt, Babette Mangolte ou Robert Mapplethorpe. L’exposition met aussi en valeur sa collaboration avec , bien antérieure à la création de Einstein on the Beach en 1976, ou avec Sol LeWitt. Les motifs en arc de cercle du ballet Dance, créé en 1979, sont ainsi dupliqués sur les murs de la Galerie Thaddeus Ropac à Pantin. Le jour de la réouverture du au public après quelques travaux, il était d’ailleurs possible de voir Radial Courses et des extraits de Dance, parfaits traits d’union entre ces années de jeunesse et la chorégraphie minimaliste qui a fait le succès de Lucinda Childs.

Photos : © C.N. Tileston

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