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Maxim Vengerov éclatant dans le Concerto de Sibelius à la Philharmonie

La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie. 5-X-2016. Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47 (version originale de 1904) ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur op. 88. Maxim Vengerov (violon) ; Orchestre de Paris, dir. Christoph Eschenbach.

vengerovÀ la Philharmonie de Paris, le talentueux Maxim Vengerov et l’ sous la baguette de  servent merveilleusement deux chefs-d’œuvre incontournables, de et .

La version originale du Concerto pour violon de Sibelius composée en 1904, proposée pour la première fois en France, impose au soliste une partition particulièrement dense, longue et difficile. Bien sûr on reconnaît nombre de passages que l’on a l’habitude d’entendre dans la version définitive achevée l’année suivante. L’orchestre est richement doté, coloré, parfois tonitruant mais s’efface à juste titre lorsque le soliste expose à plusieurs reprises ses longues interventions. Quand on connaît les deux versions, extraordinaires l’une et l’autre, le travail de synthèse, de concentration et d’épuration de , qui souvent reprenait ses œuvres après les avoir écoutées en création, ne peut qu’impressionner profondément. Tous les protagonistes de cette inoubliable lecture déclenchent un tonnerre d’applaudissements saisissants. Vengerov, dignement remercié après sa parfaite démonstration, termine cette première partie avec un bis consacré à Jean-Sébastien Bach.

Sous la baguette précise et parfaitement maîtrisée du chef Eschenbach les pupitres de l’ brillent de mille feux. Sans doute portés  par cette œuvre non rabâchée de Sibelius les cuivres impressionnent de clarté et d’engagement tandis la section des bois fait montre d’une ductilité, d’une homogénéité et d’une beauté de timbres phénoménales. Les cordes avec leurs graves expressifs et pénétrants complètent une coloration d’ensemble que l’on est heureux de retrouver à un tel sommet. Quant à Maxim Vengerov, d’une justesse impeccable, il défend ce Concerto inconnu avec une puissance de conviction magnétique inouïe, une articulation idéale et bride fort à propos son audace technique au profit d’une musique tellement romantique, accessible et impressionnante.

Après l’entracte, l’Orchestre de Paris et Eschenbach jouent la Symphonie n° 8 que Dvořák avait créée à Prague en 1890, musique attachante par ses thèmes variés, entraînants, chaleureux, rehaussés par des cuivres en grande forme mais également délicatement paisibles dans ses passages retenus voire lyriques. L’âme slave, l’admiration pour Brahms et quelques crédits à mettre sur le compte de Wagner enchantent les auditeurs de la Philharmonie rassasiés de cette quiétude propre à . Une soirée galvanisante.

Crédit photographique : Maxim Vengerov © qso.com.au

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