banclefsdor2017

L’œuvre pour violon et orgue d’Ermend Bonnal

À emporter, CD

Ermend Bonnal (1880-1944) : Légende ; Symphonie d’après « Media vita » ; Improvisation ; Paysages euskariens ; Après la tourmente. Christophe Giovaninetti, violon. Vincent Grappy à l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de la collégiale Saint-Pierre de Douai. 1 CD Hortus 132. Enregistré en en 2015. Livret bilingue français anglais. Durée totale : 71″19.

 

bonnal_grappy_hortus

Bien que peu connu du grand public, Ermend Bonnal, élève de et organiste à Saint-Clotilde à Paris offre à la postérité un ensemble d’œuvres séduisantes, dans le souvenir de César Franck, mais déjà tournées vers certains climats debussystes. Ce disque en montre quelques aspects, magnifiquement portés par ses interprètes.

Né à Bordeaux à la fin du XIXe siècle, ce Bordelais entre au conservatoire de Paris où il travaille avec Alexandre Guilmant, Gabriel Fauré et l’orgue avec , le successeur de César Franck. Divers disques ont déjà montré un art subtil de la composition, tourné vers ce XXe siècle bien novateur .

Titulaire à la suite de son maitre Tournemire à Sainte-Clotilde, son œuvre pour orgue est résolument impressionniste. Les trois Paysages euskariens en sont le plus bel exemple. Il s’agit d’une vocation des Pyrénées basques. On se souvient d’André Isoir nous faisant découvrir pour la première fois avec émerveillement son premier volet  » la vallée de Béhorleguy » dans l’anthologie de l’orgue français parue chez Calliope. Ici l’excellent organiste joue ce cycle sur le Mutin-Cavaillé-Coll (1922) de Saint-Pierre de Douai, orgue idéal s’il en est pour un tel répertoire. En contrepoint, nous pouvons écouter une symphonie pour orgue intitulée Media vita, titre d’un répons de la Septuagésime proche par le texte du De profundis. Ici l’inspiration est résolument grégorienne, permettant à l’auteur de disserter sur les modes, les rythmes et les mélodies. Bonnal rejoint ici Duruflé dans cette approche néoclassique du Grégorien. Cette oeuvre remporte le prix de composition de « amis de l’orgue » peu de temps après le Veni creator de Duruflé.

Pourtant, ce sont bien les œuvres pour violon et orgue qui attirent encore plus l’attention dans cet enregistrement : Trois pièces dont la dernière Après la tourmente initialement prévue pour un accompagnement de piano est arrangée ici pour l’orgue ce qui lui donne un caractère plus orchestral. Des œuvres issues du salon vers l’église comme le montrent les deux autres pièces Légende et Improvisation. les illumine de son violon charmeur et coloré.

Au sein d’une discographie assez conséquente consacrée à ce compositeur organiste, cet enregistrement représente un élément de choix dans la connaissance d’un répertoire bien oublié et pourtant si inspiré.

tous les dossiers(1)

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.