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Un Orchestre de chambre Nouvelle Europe plein de vie

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Neuilly. Théâtre des Sablons. 11-X-2016. Pierre Thilloy (né en 1970) Le Duel ; Camille Saint-Saëns (1835-1921), Concerto pour piano n°5 « Égyptien » pour piano et orchestre en fa majeur Opus 103 ; Antonin Dvořák (1841-1904), Deux danses ; Franz Liszt (1811-1886), Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur S. 124. Hildegarde Fesneau : violon ; Sébastien Van Kuijk : violoncelle ; Alexandre Kantorow : piano ;Orchestre de chambre Nouvelle Europe, direction : Nicolas Krauze.

Nicolas Krauze (c) Laurent BugnetLes jeunes interprètes de l’, conduits par , ont réjoui le Théâtre des Sablons à Neuilly.

Il y a foule, ce 11 octobre, au concert d’ouverture du cycle de l’ au Théâtre des Sablons à Neuilly. À l’évidence, le public fait confiance à et ses chambristes qui sont en résidence à Neuilly depuis plusieurs années. Il est vrai que ce soir-là, l’orchestre, les solistes et la programmation sont en grande forme. Les jeunes musiciens laissent libre cours à leur plaisir de jouer et le soliste, , fait preuve d’une profondeur de pensée et d’une virtuosité à la fois ludique et intelligente.

Cette année, les quatre concerts thématiques débuteront chacun par une œuvre du compositeur , que Nicolas Krauze a choisi pour « son côté obsessionnel, son sens du cérémonial. Il a une force intérieure, il sait créer une atmosphère, le froid, le feu, le surnaturel. Côté technique, c’est une musique bien écrite, logique et assez facile à interpréter. »

Le concert, autour de la thématique du rouge, déployé en fond de scène, commence avec Le Duel, œuvre très courte, mais fulgurante, de Thilloy. Une musique rouge, à fleur de sang, qui gronde et qui rôde, au rythme d’un tambour implacable. En émergent, comme des coups de butoir, huit notes martelées, reprises par les cordes, sur lesquelles plane le bourdonnement d’un drone, puis la ritournelle celtique du violon. Le violon solo prend la parole, expose son argument, le violoncelle solo écoute et répond et derrière eux, l’orchestre avance, comme une armée se prépare… Une armée de témoins qui s’enflamment, avant le Duel final.

Également au programme, fougueux mais un peu moins rouge, le Concerto « égyptien » n° 5 de Saint-Saëns, deux danses de Dvořák, romantiques et endiablées, entre Vienne et Chopin, puis le premier concerto de Liszt. réussit à rendre expressive la voix légèrement enrouée du Fazzioli. Dans les deux œuvres, le jeune pianiste montre une maîtrise du fil musical et un vrai sens de la poésie. Il joue avec rigueur et en même temps avec une sorte de recul, de second degré, contrôlant une micro temporalité qui tient du rubato mais est plutôt de l’ordre d’une respiration, d’une liberté donnée aux notes. Jamais conventionnel, il crée son propre chemin, précis comme la trajectoire d’une flèche visant un but défini mais non repérable d’avance. Il est clair, juste, merveilleusement divertissant, gai et pourtant sérieux, comme ne le sont jamais que les joueurs, les enfants. Un dormeur éveillé qui entraîne le public dans son rêve en aiguisant la perception du présent.

 Crédit photographique :  Nicolas Krauze (c) Laurent Bugnet

 

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