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Laurence Equilbey et Insula Orchestra au Grand Théâtre de Provence

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence. 12-X-2016. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon en ré majeur, op. 61. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Symphonie n°4 en la majeur «Italienne» op. 90. Viktoria Mullova, violon. Insula Orchestra, direction: Laurence Equilbey.

agnes-mellon-grand-theatre-de-provence-1024x682En mars dernier, et son avaient enchanté le public aixois dans un programme consacré à Beethoven. On les retrouve à nouveau dans cette fois le Concerto pour violon du Maître de Bonn. La soliste invitée n’est autre que dont on connaît les affinités avec cette œuvre emblématique.

Dès les premières mesures, la magie opère. Depuis plusieurs années, s’est imposé comme un des tous meilleurs ensembles qui jouent sur instruments d’époque. Réduite à l’essentiel sur scène, la formation proposée fonctionne à merveille. Elle met en lumière Beethoven l’Humaniste dont la grandeur de langage semble plus que jamais intemporelle.

La progression du discours est portée avec grandeur. Le premier thème est caractérisé par une beauté de phrasé, tout aussi incisif que souverain. L’esthétique du tissu sonore fait ainsi ressortir toute la noblesse expressive et harmonique. Les cordes conversent d’une seule voix, presque la signature d’Insula Orchestra, car c’est une constante dans le jeu de l’ensemble. La direction de semble, quant à elle, habitée et permet une créativité dans l’instant. A ses côtés, fait admirer l’étendue de sa technique exigeante. Son vibrato est moins prononcé que chez certains et son jeu ne dissimule rien. Dépouillé, il peut, par moment, sembler un brin raide et se concentre davantage sur le fond que la forme. Toutefois, la violoniste trouve un équilibre expressif après la cadence du premier mouvement, comme si elle avait soudain changé d’instrument. Son archet trouve davantage de rondeur, plus de grave et de nuances ce qui crée une ambiance plus intime. Le Larghetto, sublime, offre un moment suspendu et résonne avec poésie. Le dialogue est équilibré dans un final vibrant dans lequel la tenue d’orchestre est exemplaire. La soliste offre en bis le bel Adagio de la Sonate n° 1 de Bach.

Après l’entracte, place à la Symphonie n°4 de Mendelssohn. Laurence Equilbey s’illustre à travers une direction captivante aux contours parsemés de détails. L’allégresse du premier mouvement parcourt chaque pupitre, traversé par un souffle vivifiant. On est frappé par la transparence des lignes qui se croisent et prennent vie en parallèle. Cette matière jubilatoire laisse place à une douce sérénité dans l’Andante Con Moto puis à un Scherzo pastoral, entre légèreté et densité. Enfin, le Presto est enlevé avec un orchestre parfaitement en place qui sait maintenir un tempo soutenu. Cette interprétation n’a rien de clinquante mais privilégie une mise en relief de subtilités. Ovationné par le public, l’orchestre donnera un bis rarement joué, l’ouverture des Ruines d’Athènes de Beethoven.

Crédit photographique : © Agnès Mellon – GTP

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