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Capuçon et Braley dans Beethoven

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour violoncelle et piano n° 1 en fa majeur, op. 5/1 ; n° 2 en sol mineur, op. 5/2 ; n° 3 en la majeur, op. 69 ; n° 4 en do majeur, op. 102/1 ; n° 5 en ré majeur, op. 102/2 ; 7 Variations osur Bei Männern, weiche Liebe fühlen, WoO 46 ; 12 Variations sur Ein Mädchen oder Weibchen, op. 66 ; 12 Variations sur See, the Conqu’ring Hero Come, WoO 45. Gautier Capuçon, violoncelle ; Frank Braley, piano. 2 CD Erato. Enregistré au Schloss Elmau, Autriche, du 17 au 23 mars 2016. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 78’10 et 65’42.

 

capucon_braley et s’emparent des œuvres pour violoncelle et piano de Beethoven (lire notre entretien). Quelques mesures suffisent pour plonger dans l’univers beethovénien. En ce qui concerne les cinq Sonates pour violoncelle et piano cette reconnaissance opère de la même façon.

Beethoven construit ses Sonates avec le ton qu’on lui connaît et que l’on retrouve également à l’écoute des trois séries de Variations sur des thèmes de Mozart et de Haendel venant étoffer ce magnifique programme. Chacune des Sonates illustre une étape créatrice du maître de Bonn. D’abord, les deux Sonates de l’opus 5 composées pendant un séjour à Berlin en juin 1796 et à l’intention de Jean-Pierre Duport, premier violoncelliste du roi Frédéric-Guillaume II. Le premier il initie ce genre et d’emblée le pare de son génial talent avec lequel il travaille des motifs complexes et des lignes d’une grande clarté. La Sonate pour violoncelle et piano n° 3 date de l’hiver 1807-1808, époque à laquelle il travaillait sur sa fameuse Symphonie n° 5. Il la dédia à son ami violoncelliste amateur Gleichenstein. Le traitement des deux instruments les met cette fois sur un pied d’égalité et sa formidable maîtrise paraît presque évidente. Les deux dernières, opus 102, remontent à l’année 1815 et reviennent respectivement à la comtesse Marie Erdöly et au violoncelliste Joseph Linker. Elles reposent sur une conception polyphonique et revendiquent une certaine liberté ; celle en ré majeur s’achève par une fugue du plus grand intérêt, d’une trame serrée, d’une intense densité. La discographie est riche et les versions de références ne manquent pas. On pense aux incontournables Wilhelm Kempf et Pierre Fournier (DG), Sviatoslav Richter et Mstislav Rostropovitch (Philips), Paul Tortelier et Eric Heidsieck (EMI), Christoph Henkel et Georges Pludermacher (Lyrinx). Toutefois la complicité palpable, amicale et artistique, reliant et , deux musiciens hors pair, s’apprête à bousculer les références et pour tout dire conduit à les conseiller en priorité pour la beauté de leurs timbres, la netteté de leur jeu et la musicalité bien placée de leur compréhension de ce monde beethovénien que tout justifie de défendre sans retenue ni réserve.

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