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Soirée germanique pour Joshua Bell et Daniel Harding

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie. 10-XI-2016. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Concerto pour violon n° 2 en mi mineur op. 64 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 5 en ut dièse mineur. Joshua Bell, violon ; Orchestre de Paris, direction : Daniel Harding.

img_3058resizedDébut et fin du romantisme germanique à la Philharmonie de Paris dans un concert de l’ très contrasté mais passionnant  sous la baguette de .

En première partie de soirée une formidable prestation de dans le Concerto pour violon n° 2 de que le Danois Niels Gade dirigea à Leipzig en 1845 avec en soliste le renommé Ferdinand David. se montre au meilleur de sa musicalité dans l’incomparable premier mouvement, Allegro molto appassionato, soulignant avec énergie et souplesse les deux beaux motifs contrastés qui constituent la charpente du mouvement. L’ et son chef occupent tout l’espace qui leur revient sans étouffer le soliste. L’Andante, rêveur, convient au violoniste qui trouve là l’occasion de dérouler sa délicatesse rêveuse. Tous explosent d’énergie et d’entrain, dialoguant de manière virtuose jusqu’à l’ultime mesure de l’Allegretto non tropo-Allegro molto vivace final.

Après la pause vient le tour de la Cinquième Symphonie en ut dièse mineur que dirigea en création à Cologne en 1904, presque 60 ans après l’œuvre de Mendelssohn. Daniel Harding connaît et maîtrise très bien cette symphonie qu’il conduit de main de maître face à un orchestre manifestement impliqué. Toutefois il semble que lorsque le volume sonore atteint sa pleine puissance, la salle paraisse presque insuffisante, provoquant dans les acmés une saturation un rien désagréable, nuisible à la parfaite perception de ce chef-d’œuvre. La trompette si présente et efficace dans la Marche funèbre initiale fait merveille et contribue à canaliser l’attention de la salle. Ce mouvement (Trauermarsch), pièce maîtresse de la partition, accumule une suite de tensions et de résolutions ; il s’avère aussi indispensable que le célèbre Adagietto, popularisé par le film de Visconti « Mort à Venise » en 1971, délicatement décliné, mais dépourvu du pathos attendu, par les cordes et la harpe de la formation parisienne. Une « Symphonie-monde » sortie de l’esprit du génial autrichien et d’une modernité indéniable.

Crédit photographique : Daniel Harding © Julian Hargreaves

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