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A Dijon, la Création dans la fièvre

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Dijon, auditorium, 6-XI-2016. Joseph Haydn (1732-1809), Die Schöpfung, Oratorium in drei Teilen (1798), sur un livret de Gottfried van Swieten. Avec Yeree Suh, soprano ; Michael Smallwood, ténor et Matthias Winckhler, basse. Chœur de l’Opéra de Dijon, chef de chœur : Anass Ismat. Orchestre Dijon Bourgogne ; direction musicale : Gergely Madaras.

odb-g-m-credit-gerard-cunin_3Une interprétation réussie de La Création de Haydn à l’Opéra de Dijon.

La veille du premier jour, Dieu dit : « Vite, vite créons un monde à Notre image, au maximum en sept jours ». Ou bien Dieu dit-il : « Goûtons avec gourmandise Nos inventions et apprécions Nos chefs-d’œuvre » ? La question reste posée… , chef de l’, opte visiblement pour la première option ; les tempi sont souvent rapides, voire trop rapides. Cela accentue, à n’en pas douter, la brillance de certains passages, les fugues chorales en particulier, mais cela oblige aussi les cordes à une expression un peu tendue, comme dans l’accompagnement du duo de la fin « Mit dir erhöht sich jede Freude ». La tendresse de la troisième partie disparait, sauf dans le duo « Von deiner Güt’», dans lequel l’amour du couple se vit dans chaque note, dans un bel échange avec le hautbois. « La représentation du Chaos » du début est très réussie : demandées agacent l’oreille, les nuances sont contrastées, les fusées des vents sèment le désordre à souhait.
On remarque aussi les jolis ensembles de bois notamment dans l’introduction du duo, qui devient trio, des trois archanges « Zu dir, o Herr », ou bien lors du trio de flûtes dans le récit d’Uriel « Aus Rosenwolken bricht ». Les partenaires de la basse continue sont parfaitement en accord avec les solistes ; les timbales n’écrasent nullement le dialogue entre Adam, Eve et le chœur de la troisième partie « Gesegnet sei des Herren Macht ».

Nous avions déjà eu le plaisir d’entendre la soprano dont on retrouve avec plaisir l’élégance vocale toute en raffinements. Sa voix est souple et égale, les ornements de l’écriture sont soignés, tout est traité avec distinction. L’air « Nun beut die Flur » évoquant la création des végétaux est particulièrement réussi. Le ténor possède un tempérament dynamique qui s’accorde assez bien avec la direction de : sa voix percutante s’épanouit dans l’évocation solaire de « In vollem Glanze ». Dès le premier récitatif, on est sous le charme de celle du baryton : un joli timbre sert toute la tessiture, et peut ainsi évoquer avec bonheur les baleines comme le glorieux Adam ! On apprécie particulièrement le duo « Holde Gattin, teurer Gatte » si émouvant et dans les trios les solistes s’accordent remarquablement.

On ne peut qu’être particulièrement élogieux pour le chœur de l’Opéra de Dijon qui continue la progression dans son travail. Anass Ismat sait équilibrer les pupitres, et soigne ainsi les entrées fuguées, nombreuses dans la célébration des jours de la Création. Les tempi demandés ne troublent pas la précision des attaques, et les nuances sont au rendez-vous : le piano du premier chœur s’oppose au « Und es war Licht », et les oppositions des forte et des piani illustrent avec netteté le final de la seconde partie « Alles lobe seinen Namen, Alleluia ! »

Crédit photographique : (c) Gérard Cunin

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