tous les dossiers(1)

Chants romantiques avec Christian Gerhaher et Gerold Huber

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Luxembourg. Salle de Musique de Chambre de la Philharmonie. 21-XI-2016. Robert Schumann (1810-1856) : Lieder und Gesänge op. 77, Kerner-Lieder op. 35, Lieder und Gesänge op. 142 ; Hector Berlioz (1803-1869) : Les Nuits d’été op. 7 H 81. Avec : Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano.

45Dans un passionnant programme franco-allemand, et donnent une nouvelle leçon de musique et de chant. Puissance, douceur, virtuosité, tous les éléments sont réunis pour faire de cette soirée intimiste un grand moment de partage.

On saluera tout d’abord la cohérence et l’originalité d’un programme 100% romantique qui permet de faire côtoyer Berlioz et Schumann, les célèbres Nuits d’été se voyant intercalées entre des cycles schumaniens moins connus que les habituels Liederkreis ou Frauenliebe und Leben. On aura tout particulièrement apprécié les Kerner-Lieder op. 35, bel ensemble qui gagnerait à être entendu davantage, et donc l’unité thématique n’a rien à envier à celle du grand cycle berliozien. De ce dernier, on ne saurait dire assez à quel point il gagne en intensité et en pertinence lorsqu’il est interprété comme ce soir à Luxembourg par une voix masculine. Rares d’ailleurs sont les barytons à s’être attaqués à ce cycle, et quand le chanteur en question a pour nom , le public ne peut qu’être comblé.

De toutes les qualités de ce grand baryton, c’est sans doute la perfection de l’intonation qui se détache le plus, la précision inouïe des attaques l’emportant presque sur le crémeux du legato et la douceur du mezza voce. Doté d’une rare palette dynamique, l’instrument capable de la plus grande puissance dans « Stille Tränen » sait également se plier à la délicatesse des phrasés schumanniens, comment le montrent de façon magistrale les dernières notes de « Stirb, Lieb’ and Freud’ », lied dont la tessiture est particulièrement élevée pour une voix de baryton. On n’aura que des louanges également pour la qualité de la diction du chanteur, le français impeccable des Nuits d’été laissant entrevoir pour Christian Gerhaher l’exploration possible de nouveaux répertoires. Partenaire de longue date du chanteur allemand, est un pianiste particulièrement brillant, qui ne fait qu’une bouchée de l’accompagnement virtuose du célèbre « Aufträge » de l’opus 77, mais qui sait également s’effacer au profit de l’intériorité et de l’intimisme du chant.

Le public luxembourgeois a réservé un accueil triomphal à ce duo de choc, dont la musicalité et le savoir-faire exemplaires ne cèdent à aucun moment à la recherche de l’effet.

Crédit photographique : Gerold Huber et Christian Gerhaher © Alexander Basta (Sony Classical)

Banniere-clefsResMu728-90

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.