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Le Duo TschoppBovino face au Chostakovitch crépusculaire

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour violon et piano op. 134 ; Sonate pour alto et piano op. 147. Duo TschoppBovino : Mirjam Tschopp, violon et alto ; Riccardo Bovino, piano. 1 CD Genuin. Enregistré à la Bethanienkirche, Leipzig (Allemagne), en juillet 2015. Notice bilingue : anglais, allemand. Durée : 62’29.

 

duo_schoppbovinoMirjan Tschopp et restituent avec concentration les drames et les non-dits d’un pan crépusculaire de la musique de chambre de .

Le créateur russe acheva sa Sonate pour alto et piano l’année même de sa disparition : 1975. Le climat général de la partition est sombre et introverti ; il est particulièrement impacté par l’inclusion de nombreuses citations musicales. On perçoit au cours du déroulement de l’œuvre des bribes de partitions de Chostakovitch lui-même comme Les Joueurs, son opéra inachevé, Le Nez et le Quatuor à cordes n° 13. Mais on entend plus aisément la Sonate pour piano « Au clair de lune » de Beethoven, de même que surgissent quelques mesures où l’on reconnaît le Concerto à la mémoire d’un ange d’Alban Berg, la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski, une mélodie de Rachmaninov et des thèmes wagnériens. L’impression ressentie ne manque pas d’interroger l’auditeur jusqu’à ce que l’alto balaie tous ces souvenirs et vienne rétablir l’autorité et l’originalité du créateur qui mourut peu de mois avant la présentation publique de sa partition le 1er octobre 1975.

La Sonate pour violon et piano composée à l’époque du Quatuor à cordes n° 12 repose sur des intervalles qui font office de leitmotiv et invite à reconnaître des mesures du Concerto pour violon de Berg à l’instant cité, et plusieurs auto-citations. Sa création eut lieu dans un concert privé à l’Union des compositeurs soviétiques en janvier 1968 avec la participation du dédicataire, le célèbre David Oïstrakh, et quatre mois plus tard en public dans la salle du Conservatoire de Moscou encore avec Oïstrakh et Sviatoslav Richter.

Le monde crépusculaire et singulier de trouve des interprètes convaincants dans le duo formé par , violoniste et altiste née à Zurich en 1976 et le pianiste italien (né en 1975 à Turin). Ensemble ils rendent hommage au maître russe combinant comme on l’attend une virtuosité et un sens du drame propre au compositeur, fascinant dans son maniement unique de la clarté et de l’ombre, du dit et du sous-entendu, de l’affiché et de la pudeur.

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