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Mendelssohn à Fribourg avec l’organiste Benjamin Righetti

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Six sonates pour orgue op. 65. Benjamin Righetti à l’orgue Aloys Mooser (1834) Neidhart-Lhôte (1982) de la cathédrale Saint-Nicolas deFribourg (Suisse). 1 CD Claves 50-1615. Enregistré en octobre 2015. Livret français/anglias/allemand. Durée totale : 75′ 53.

 

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Malgré une discographie déjà importante, cette nouvelle version des sonates pour orgue de Mendelssohn par apporte un plus avec une approche tournée vers un juste équilibre entre classicisme et romantisme.

Ce qui frappe d’emblée dans cette nouvelle proposition discographique des sonates de Mendelssohn, c’est le choix d’un orgue strictement contemporain de l’auteur, se situant dans cette période dite en France « de transition ». Cela signifie qu’au tournant du XIXe siècle, la musique aidant, un nouveau style d’orgue est apparu, conservant à la fois bonne partie de tout ce qui en fit ses lumières antérieures, mais augmenté de couleurs nouvelles plus aptes à traduire un discours où le style romantique prenait de plus en plus d’espace. L’orgue de la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg (Suisse) répond à ces critères : multiplication des jeux de fonds de 16 et 8 pieds, riches en gambes et dulcianes, conservation de jeux typiques du XVIIIe siècle avec cornets, chœur d’anches et mixtures. On remarque l’adoucissement progressif de ces dernières afin de se fondre aux grandes registrations de tutti, tel que Cavaillé-Coll l’avait développé de son côté.

Tel est le décor acoustique sur lequel disserte. Il est à remarquer une vision nette est affirmée dans les différents climats construits tour à tour sur la force de registrations de type grand chœur français couronné par le cornet toujours très présent, et sur la douceur méditative de fonds doux et colorés. La discrétion des mixtures est appréciable. Conçues à l’origine dans l’esprit anglais, ces sonates s’accommodent totalement de cet univers sonore. Le jeu de Benjamin Rhigetti, sobre et classique n’exclue pas quelles belles envolées : on pense à la double fugue de la Sonate n° 3 sur un thème de choral.

Dans un texte très inspiré Benjamin Righetti aborde quelques questions concernant la réalisation d’un disque, ses interrogations, la recherche d’une certaine perfection. Il parle de ses rapports avec l’orgue, ses réactions, ses recherches, en souhaitant échanger et transmettre un message à l’auditeur. A l’écoute de ce CD, le but est atteint en matière d’émotion et d’interpellation pour le mélomane, avide de découvertes à propos d’œuvres qu’il pensait déjà suffisamment connaitre.

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