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Voces Suaves dans les jardins du madrigal

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Giaches de Wert (1535-1596). Giovanni Giacomo Gastoldi (1555-1609). Luzzasco Luzzaschi (1545-1607). Lodovico Agostini (1534-1590). Cipriano de Rore (1515-1565). Carlo Gesualdo da Venosa (1566-1612). Claudio Monteverdi (1567-1643). Luca Marenzio (1553-1599). Alessandro Piccinini (1566-1638). Duca Guglielmo Gonzaga (1538-1587). Ensemble vocal Voces Suaves. 1 CD Ambronay Editions. Enregistré en avril 2016. Durée : 62’36.

 

disqueAvec ce premier enregistrement, force est de constater que l’ensemble vocal porte bien son nom ! C’est doté d’une excellente technique, d’une belle fraîcheur et d’une étonnante modernité que ces jeunes artistes abordent des madrigaux italiens plus ou moins connus de la seconde moitié du XVIe et du début du XVIIe siècle. Désormais en bonne place dans notre playlist, ce disque s’écoute et se réécoute avec toujours le même plaisir.

Référence dans le monde de la musique baroque, le festival international de musique ancienne d’Ambronay tient un rôle de découvreur de talents et d’accompagnement de jeunes artistes comme désormais la majorité des plus grands festivals de musique en France. Cette mission des plus importantes, se concrétise dans l’Ain par le label discographique du Centre culturel de rencontre d’Ambronay et son projet européen de coopération « eeemerging. » Ce disque consacré à l’art du madrigal est ainsi le huitième de la collection « Jeunes Ensembles d’Ambronay Editions » et le premier enregistrement pour le jeune ensemble dont la majorité des membres est issue de la Schola Cantorum de Bâle (Institut de recherche et d’enseignement pour la musique ancienne).

Ce disque présente de nombreux intérêts pour les amateurs de musique vocale comme pour les spécialistes du genre. D’un point de vue musicologique, cette programmation semble offrir tout le panel de l’art du madrigal entre la seconde moitié du XVIe et le début du siècle suivant. Les grands classiques de ce répertoire se retrouvent donc comme , l’incarnation de la synthèse des différentes formes du madrigal, et , l’un des créateurs de la nouvelle forme madrigalesque du XVIe siècle. Mais elle révèle également des pépites bien plus rares comme le séduisant dialogue à deux voix I’ mi son giovintta de , le madrigal à 5 voix In qual parte si ratto de ou encore l’allègre Non t’aricordi de . Pour les non connaisseurs, le texte explicatif de Jean-François Lattarico dans le livret se révèle être didactique et d’une grande richesse.

D’un point de vue musical, les atmosphères s’alternent dès les premiers numéros Ha ninfe adorn’e belle et Sorgi e rischiara al tuo apparir il cielo de . A travers une captation parfaite, les voix principalement a cappella (ou simplement accompagnées d’un théorbe) sont d’une belle homogénéité et d’une agréable clarté. Le charme de la mélodie et la richesse harmonique se lient dans une étonnante écriture contrapuntique que les chanteurs de Voces Suaves mettent merveilleusement en lumière. Même si toutes les pièces choisies sont de grande qualité autant dans l’écriture musicale, le texte que l’interprétation, les audacieuses vocalises du madrigal de I’ mi son giovinetta nous interpelleront plus particulièrement tout comme les sublimes nuances des sept voix dans le Tirsi morir volea de Giaches de Wert. Pour varier les plaisirs, les sonorités du théorbe seul de Ori Harmelin résonnent dans Anchor che col partire de et dans la pièce d’ Passacaglia. Quelle belle découverte en ce début d’année !

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