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Du Baroque au rock au festival Suresnes cités danse

Danse , Festivals, La Scène

Suresnes. Salle Jean Vilar. 21-I-2017. Du Baroque et du rock. Fleeting. Création. Chorégraphie : Andrew Skeels. Musiques : Johann Sebastian Bach, Nicola Porpora, Tomaso Albinoni, Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Giovanni Bononcini. Avec Noémie Ettlin et Victor Virnot. Rock it Daddy. Chorégraphie: Mickaël Le Mer. Avec Stanislav « Stan » Arnaut, Thomas « Brook » Badreau, Chonbura « Cambo » Houth, Quentin Poulailleau, Dylan Gangnant, Dara You. Scénographie : Rodoff. Lumières : Nicolas Tallec. Infographie: Olivier Menanteau « Moon ».

surn_1617_fest_scd_470x135_visuels_5-baroque-rockPour cette 25e édition du Festival Suresnes cités danse, incontournable rendez-vous des danses urbaines, Olivier Meyer a concocté un programme mêlant des grands noms comme et , des découvertes du festival comme et Jan Gallois et des nouveaux venus comme . Combinaison réussie pour Du Baroque au rock, qui allie émotion et énergie, et consacre le talent d’.

Andrew Skeels a été l’une des révélations du festival l’année dernière avec Street dance club. La pièce est d’ailleurs reprogrammée cette année au festival et même reprise à l’amphithéâtre Bastille en février. Pour cette édition, le chorégraphe américain revient avec une nouvelle création dans un registre très différent, Fleeting, qui fait le pari d’associer danse hip-hop et musique baroque. Avec son langage propre, Andrew Skeels fait dialoguer les corps des deux danseurs, Noémie Ettlin et Victor Virnot, à travers six séquences, alternant solos et duos. La pièce est d’une intimité poignante, soutenue et rythmée par les musiques de Bach, Albinoni et Haendel.

Le premier tableau fait penser à une bobine de film de cinéma muet : les gestes sont saccadés, comme fractionnés en une multitude d’images. Les danseurs, le garçon derrière la fille, ne forment plus qu’un corps, comme une divinité orientale aux bras multiples. Puis le mouvement devient plus souple, comme une vague qui passe d’un corps à l’autre sans discontinuer. Après ce duo organique, le garçon, Victor Virnot, danse seul. Les mouvements sont d’une fluidité totale, les passages de la position verticale au sol se font sans le moindre à-coup. Mais il y a du tragique dans cette solitude. Le danseur semble bancal, attiré vers le sol, rappelé à la misère de la condition humaine. Le solo de la danseuse, Noémie Ettlin, qui suit, montre la richesse du vocabulaire chorégraphique de Skeels, qui n’est pas sans rappeler parfois celui d’Ohad Naharin: lâcher prise, continuité et discontinuité des mouvements, qui rampent, ondulent, corps désarticulé. La danse de la danseuse est moins tragique que celle du danseur, on sent davantage de détermination.

La synthèse se fait dans les derniers tableaux, magnifiques, où, pris de tressaillement, le corps du danseur tombe dans les bras de celui de la danseuse, qui le retient, le porte. Puis à son tour, elle défaille, tombe au sol et s’accroche aux jambes du danseur qui s’éloigne.

sdc_2177_andrewskeelscopyjulienbenhamou_bdEn l’espace de vingt minutes comme suspendues, Skeels parcourt et sonde toute l’histoire d’un couple. Avec une économie de moyens admirable, sans fioritures, il nous raconte l’amour, le désir, le manque, le besoin de l’autre pour rester debout. Et au-delà, ce sont les relations entre les êtres humains, le besoin de l’autre, de lien social, que l’on ressentait déjà dans Street dance club, qui sont ici abordées. Un moment rare.

Changement complet d’atmosphère et d’ambiance avec Rock it daddy. nous plonge dans l’univers du rock’n roll, d’Elvis Presley à Jimmy Hendrix, en passant par les Beatles. Les six danseurs commencent par swinguer, imitant les attitudes du King, et entament un rock acrobatique rehaussé de saltos et de figures hip-hop décoiffantes. On évolue progressivement vers un rock un peu plus hard, et on finit dans une explosion de hip-hop, avec une surenchère de figures qui repoussent les lois de la gravité.

Si la construction du spectacle manque un peu de rigueur, donnant lieu à quelques longueurs, on ne peut que ressortir réjoui de cette rencontre entre rock et hip-hop et qu’avoir envie de chanter, avec les danseurs de la compagnie S’poart « I love rock’n roll« .

Crédits photographiques: Photo n°1: © Quentin Ferjou. Photo n°2: Andrew Skeels, © Julien Benhamou

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